Test de Metal Gear Solid V The Phantom Pain, Open World et infiltration font-ils bon ménage ?

Il aura fallu attendre de nombreuses années avant de voir arriver dans nos consoles cet ultime épisode de la sage Metal Gear et les derniers rebondissements opposant Hideo Kojima et l’éditeur Konami n’ont pas rassuré les fans. Après le préambule Ground Zeroes qui a pu nous laisser perplexe et sur notre faim de l’année dernière que pouvons-nous attendre de The Phantom Pain ? Progression linéaire et longues cinématiques cèdent leur place à un monde ouvert où règne la liberté d’action et à une gestion poussée de votre plateforme de commandement. Alors verdict ?

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Un peu d’histoire

Les évènements de The phantom pain se déroule en 1984, neuf ans après ceux de Ground Zeroes.
Il est d‘ailleurs intéressant de faire un point sur la chronologie de la saga car cet épisode a la lourde tâche de faire le lien entre deux époques :

  • 1964 – Metal Gear Solid 3 – Snake Eater
  • 1974 – Metal Gear Solid Peace Walker (sur PSP puis remake HD sur console)
  • 1975 – Metal Gear Solid V Ground Zeroes
  • 1984 – Metal Gear Solid V The Phantom Pain
  • 1995 – Metal Gear
  • 1999 – Metal Gear 2 Solid Snake
  • 2005 – Metal Gear Solid
  • 2007 à 2009 – Metal Gear Solid 2 Sons of Liberty
  • 2014 – Metal Gear Solid 4 Guns Of The Patriots

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Un prologue épique

METAL GEAR SOLID V: THE PHANTOM PAIN_20150902010539Vous voilà donc scotché dans un lit d’hôpital après plusieurs années de Coma et pour ne pas arranger les choses vous êtes amputé d’un bras et loin de tenir la grande forme. Bien déterminé à vous mettre la main dessus un commando militaire attaque le bâtiment, c’est donc accroché à votre voisin de chambre le mystérieux Ishmael que vous allez tenter de vous évader. Cette première mission qui fait office de cinématique d’introduction et de prologue est tout simplement mémorable de par sa mise en scène et son intensité, elle met également en lumière deux ennemis redoutables l’homme de feu et la fille au masque de gaz. A ce moment-là une seule certitude frappe notre esprit, nous sommes partis pour du grand Kojima et puis finalement…. Après quelques échanges avec votre éternel rival à double visage Ocelot, puis un tour sur votre nouvelle plateforme de commandement vous voilà plongé au cœur de l’Afghanistan pour votre première mission, délivrer Kazuhira Miller. Suite à cela le jeu perdra en rythme et ne vous proposera que des missions souvent identiques et répétitives : libérer des prisonniers, éliminer des cibles, retrouver des documents… les cinématiques se feront malheureusement très rares et vous sombrerez dans les méandres de l’open world.

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Quoi Snake dans un open world ?

METAL GEAR SOLID V: THE PHANTOM PAIN_20150913033405Sur le papier l’idée avait de quoi séduire, imaginer un monde ouvert aussi beau et riche que les derniers Assassin’s Creed d’Ubisoft dans lequel Big Boss pourrait s’infiltrer, espionner et j’en passe mais la réalité est beaucoup moins flatteuse. Votre aire de jeu est certes très vaste mais essentiellement composée de sable, de roche et de quelques animaux errants ici et là. Vous pouvez oublier les décors riches en détails, les civils, les citadins, les boutiques, les maisons, la circulation bref la vie, ici vous évoluez dans une étendue désertique avec uniquement des postes de garde, des QG, des bâtiments militaires, des ponts et un peu de verdure. Même si graphiquement le résultat est plus que satisfaisant on ressent vite une certaine monotonie et il faudra attendre de nombreuses heures avant de passer d’ l’Afghanistan à l’Afrique qui vous offrira des décors plus intéressants.

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Pas si open que ça !

METAL GEAR SOLID V: THE PHANTOM PAIN_20150914003100On entend par open World la possibilité d’aller où l’on veut quand on veut et comme on veut, alors oui dans cet épisode vous pouvez vous rendre n’importe où mais à quel prix ? Vous pouvez d’emblée oublier la possibilité de couper à travers les montagnes, aussi basse soient leurs altitudes, ces amas de roches sont de véritables murs pour Snake et son fidèle destrier D-Horse. Oh dans un effort surhumain notre borgne préféré parviendra bien à escalader une ou deux caillasse mais dans l’ensemble c’est bien par la seule et unique route qu’il faudra passer, à vous donc de bien choisir votre point d’atterrissage d’autant plus qu’il est impossible d’utiliser l’hélico durant une mission sans annuler cette dernière. Qui dit route dit donc poste de contrôle qu’il faudra franchir à plusieurs reprises avec discrétion ou par la manière forte avant d’atteindre votre objectif. La liberté de mouvement est donc tout de même un brin dirigiste, sans parler du fait que de nombreuses missions nous font passer par les mêmes endroits et même si vous aviez libéré un avant-poste il sera à nouveau occupé à votre retour sur le terrain.

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L’infiltration dans toute sa splendeur

METAL GEAR SOLID V: THE PHANTOM PAIN_20150913235541Malgré les défauts évoqués précédemment, The Phantom Pain ne déçoit pas là où on l’attend de pied ferme, son aspect infiltration qui propose ici des approches multiples. Après avoir sélectionné une mission principale ou une quête annexe, il vous faudra chevaucher ce bon vieux D-Horse pour vous rendre sur l’objectif ou compter sur une plutôt bonne foulée du Big Boss qui se déplace presque plus vite en courant qu’à cheval. Arrivé aux abords du camp ennemi vous avez donc plusieurs choix, l’attaque frontal privilégiant l’action et les fusillades ou alors la discrétion. Bien évidemment la première solution ne demande pas énormément de préparation si ce n’est bien vous équiper avant de lancer la mission (grenade, lance-roquettes, armes lourdes…).

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METAL GEAR SOLID V: THE PHANTOM PAIN_20150913235659Si vous choisissez l’infiltration, il est recommandé de prendre de la hauteur puis d’utiliser vos jumelles pour marquer les ennemis et observer s’il pourrait faire de bonnes recrues pour la Mother Base. La suite vous la connaissez, une approche lente et discrète accroupie ou allongée tout en restant dans l’ombre et en évitant de trébucher sur un bidon ou tous autres éléments susceptibles d’éveiller les soupçons. Vous pouvez également compter sur ce désormais célèbre carton pour approcher furtivement. Une fois arrivé sur votre cible vous pourrez la saisir soit pour l’interroger, la tuer ou l’endormir. L’interrogatoire vous fait gagner en héroïsme et vous permet d’obtenir des informations comme l’emplacement de votre cible principale, l’emplacement des gardes, des munitions…

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Une fois les informations récoltées et votre adversaire plongé dans de jolies rêves il vous est possible d’utiliser l’excellent système de récupération Fulton, sorte de parachute inversé qui expédie droit dans le ciel tout ce que vous voulez ou presque même des animaux, il faudra améliorer les performances de votre équipement pour pouvoir expédier des choses plus lourdes comme les véhicules. Une fois exfiltré tous ces éléments atterrissent sur votre mother base et vos ennemis viennent grossir les rangs des Diamond Dogs.

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En revanche, si vous vous faites repérer, un ralenti s’activera vous laissant une seconde chance de placer une fléchette tranquillisante entre les deux yeux de votre assaillant, c’est le mode réflexe qui fort heureusement pour les fans peut être désactivé, on ne triche pas avec l’infiltration monsieur. Ce mode montre bien la volonté de Kojima ou de Konami d’offrir un jeu accessible à tous. En effet, l’éditeur a bien retenu la leçon des cinématiques trop longues de Metal Gear Solid 4 qui ont refroidi plus d’un joueur, seulement voilà à vouloir plaire à tout le monde on en dénature les fondamentaux de tout une saga. Dieu merci l’infiltration est restée intacte ou presque.

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Snake le commandant

L’aspect gestion est également une grande nouveauté et l’un des points forts de cet opus, après la destruction de votre ancienne base vous voici à la tête de la Mother Base des Diamond Dogs, une plateforme de commandements située dans les eaux territoriales des Seychelles. Comme nous venons de voir il faudra recruter des hommes sur le terrain grâce au système Fulton puis les assigner à certains groupes (infirmerie, soutien, recherche et développement…) en fonction de leurs compétences. Plus vous allez accueillir de monde, plus il faudra construire de plateformes, ce qui demande des PIN et des matières premières, c’est là que l’exploration de l’open world prendra tout son sens puisqu’il faudra fouiller les différents environnements pour trouver des matériaux raffinés divers et variés (carburant, minéraux, diamants…) nécessaires à votre pôle recherche et développement pour bâtir des structures mais également créer de nouvelles armes…

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Des missions de terrains peuvent également être effectuées par vos hommes avec l’option déploiement de terrain de votre iDroid. Ces missions courtes proposent des objectifs assez simples et vous permettent de gagner des PIN ou récupérer des éléments parallèlement à vos propres missions, avant de lancer une mission il faudra donc former une unité puis évaluer le pourcentage de réussite. Un petit plus non négligeable pour développer plus vite votre base.

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Enfin, pensez à revenir régulièrement sur votre base pour saluer vos hommes ce qui augmentera le moral des troupes mais aussi pour prendre une bonne douche et ainsi améliorer vos compétences sur le terrain. La gestion de la mother base, bien que répétitive et grandement automatisée permet de couper avec la répétitivité de certaines missions et apporte une dimension supplémentaire à l’univers Metal Gear.

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Les points positifs

  • Une durée de vie conséquente
  • Graphiquement plaisant sans être révolutionnaire
  • La gestion de la Mother Base
  • Le système de récupération Fulton
  • Le prologue qui est juste épique
  • L’infiltration qui est bien évidemment au top avec différentes approches possibles
  • Un gameplay très varié
  • Les cycles jour / nuit et les tempêtes de sable offrant des perspectives différentes
  • Le choix de votre compagnon, cheval, chien, robot ou la charmante Quiet
  • Accessible à tous, même si vous n’avez joué à aucun des épisodes précédents

Les points négatifs

  • Des missions très répétitives
  • Trame narrative qui ne plaira pas à tous avec le système de cassettes audio
  • Des cinématiques courtes et peu nombreuses
  • Un faux monde ouvert
  • Monotonie des décors, faut vraiment aimer les étendues désertiques et les roches
  • Très peu de Boss et loin d’être marquant
  • Le jeu manque cruellement de rythme
  • Quelques bugs (progression qui se bloque, bug de collisions…)

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Conclusion 16/20

Forcé de constater que cet ultime épisode de la saga Metal Gear nous a laissé très dubitatif. En effet, malgré un prologue épique et à la hauteur de nos attentes, le dernier bébé d’Hideo Kojima s’engouffre trop vite dans les travers de l’open world à savoir des missions répétitives et sans réel intérêt scénaristique. La narration est quant à elle totalement délaissée au profit de cassettes audio que vous pourrez écouter durant vos excursions si vous désirez en savoir plus sur certains points, au revoir donc les longues cinématiques et les longs échanges radio si caractéristiques à l’univers Metal Gear. Heureusement la gestion de la mother base et l’infiltration sauve cet opus grâce à un gameplay très varié et une liberté d’action totale, sans quoi The phantom pain serait bien fade. Loin d’être le meilleur épisode de la série, Metal Gear Solid V bouleverse les fans en s’amputant volontairement de sa partie cinématographique et en proposant une approche beaucoup moins exigeante, accessible aux néophytes. Une fois de plus l’œuvre d’Hideo Kojima divisera.

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