Test de Here they Lie, le Playstation VR joue avec vos nerfs

Notre avis sur Here they Lie : Vous pensez avoir des nerfs d’acier ?

Here they Lie, développé par Tangentlemen et SIE Santa Monica Studio, a finalement déboulé le 13 octobre, en exclusivité sur ps4. Le titre édité par Sony a longtemps eu une date de sortie incertaine, mais la version dématérialisée accompagne finalement la sortie du Playstation VR, le casque de réalité virtuelle de Sony. Il est à noter d’ailleurs qu’il sera impossible de jouer au jeu sans ce dispositif. La version physique de Here They Lie sera disponible le 2 novembre. Alors, prêts à flirter avec la folie ?

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Here they Lie : Des petites faiblesses techniques

Ce qui frappe d’entrée, c’est le flou très marqué. Ce qui, étonnamment, ne ressort pas sur les captures. A tel point que certains d’entre vous ne chercheront peut être pas à aller plus loin, tant cela peut avoir un effet rédhibitoire sur les plus exigeants en matière de graphisme. Cela donne un coté fantomatique, énigmatique, comme dans un souvenir vague qui s’efface avec l’oubli, certes… D’autres diront que c’est franchement dégueulasse. Il n’empêche que s’arrêter à cela serait une grosse erreur, tant Here They Lie a des choses à nous faire vivre.

Here they Lie

Vous suivez une étrange femme en jaune, »Donna », qui semble être l’amour perdu de votre personnage. Elle incarne le fil conducteur de l’aventure. Elle paraît apaisante, et en même temps, elle est la source de vos tourments. Elle va vous emmener dans les tréfonds de votre âme torturée, et vous allez vivre toutes sortes de situations très dérangeantes. Un train, une gare, une ville, un quartier chaud…

Les lieux que vous visiterez vous laisseront d’étranges sensations, car on doit bien admettre que pour ce genre de jeu, la réalité virtuelle prend tout son sens, et transcende l’expérience, qui n’aurait absolument pas la même saveur sur un écran plat classique. Mais bien sûr, la concession graphique est de taille. Certaines textures sont faiblardes, bien que le soft propose tout de même moults détails. L’autre petit bémol qu’on peut mentionner, c’est qu’on a pas mal d’objets recyclés. Comme dans beaucoup de jeux, me direz-vous. Mis à part ces petits soucis techniques, Here They Lie s’en sort avec les honneurs, et reste ambitieux dans la qualité de l’expérience qu’il veut nous faire partager.

Here they Lie

Grâce à la VR, vous déplacez le regard avec vos mouvements de tête. Sinon, les commandes sont celles d’un FPS classique, mais vous pouvez à tout moment activer « l’aide à la VR », qui permet de tourner votre personnage avec le joystick droit par saccades, au lieu d’un mouvement fluide, qui ferait plus rapidement intervenir la nausée. Ce système, qui semble se répandre pour la VR, est déroutant au début, mais on s’y fait bien mieux qu’on pourrait le penser. Par la suite, avec l’habitude et si vous ne courrez pas partout en bougeant la tête dans tous les sens, vous devriez pouvoir repasser rapidement sur le mode classique.

Here they Lie

Here they Lie : Une expérience fantastique

L’aventure est surtout contemplative. Alors oui, vous ramasserez des documents et aurez quelques interactions, mais ne vous attendez pas à beaucoup d’action. Le gameplay, très épuré, fait penser à un « Outlast simplifié » basé sur la fuite ou la dissimulation, mais sans les cachettes. Vous trouverez des piles pour alimenter votre lampe torche et vous devrez éviter la plupart des protagonistes que vous croiserez. Simple mais très efficace. La détection de mouvement de la Dualshock oriente le faisceau de votre lampe, ce qui participe encore à l’immersion. La recette fonctionne à merveille : le joueur est happé par l’histoire et l’atmosphère, et inutile de dire qu’en VR, l’immersion est totale, l’expérience bouleversante.

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Le noir, la claustrophobie, la vulnérabilité… Les ressorts utilisés sont classiques, mais maîtrisés à la perfection, et distillés intelligemment, pour notre plus grand bonheur. Vous serez confrontés à des situations relativement originales et déstabilisantes. Au court de l’aventure, trois choix majeurs s’offriront à vous, subtilement, et détermineront la fin que vous aurez.

Visuellement, tout le jeu est en noir et blanc, à part quelques touches parfois de rouge (pour le sang) et de jaune (pour Donna). Cela donne du cachet, une patte distinctive très réussie. La direction artistique est vraiment admirable, l’ambiance est sombre, dérangeante à souhait. Les effets sonores sont eux aussi extrêmement efficaces, certains bruitages effraient à eux seuls.

Here they Lie

Vous aurez quelques scare-jumps, mais surtout une tension nerveuse permanente, des personnages énigmatiques (et avec des têtes d’animaux ou des masques !), tous les ingrédients d’un bon survival-horror. Même si ici, la survie se résume à ne pas croiser le regard des « créatures »…

L’une d’elle vous suit, vous observe. Elle a des bois, comme un cerf, et quand elle vous repère, ses yeux luisent depuis les recoins sombres qu’elle semble affectionner. Sa présence vous déroutera et vous inquiètera au plus haut point. Et le pire, c’est qu’elle n’est pas seule !

Here they Lie

Les environnements sont soignés, et resteront gravés dans votre mémoire. La folie est omniprésente, et le glauque se mêle à la violence physique, à la torture psychologique. Certains passages sont tout simplement cultes. Here They Lie ne réinvente pas complètement le genre, mais a cette atmosphère unique. Se sentir épié, observé, et assister, impuissant, à des passages à tabac, à cette vague de démence qui se répand dans la ville…

Toujours avec ce décalage, cette fantaisie malsaine et surréaliste… Sexe, violence, meurtres, s’entremêlent dans cette suffocante allégorie de cette histoire d’amour qui part en fumée. Il est troublant, perturbant, mais si le jeu est aussi efficace, c’est aussi grâce à la crédibilité des personnages, et de leur histoire. Les quelques dialogues participent eux aussi au sentiment d’authenticité.

Bref, si l’univers vous attire, allez-y les yeux fermés, car abstraction faite des quelques « défauts » techniques, c’est du tout bon ! A noter que l’expérience n’est pas très longue (peut être 4, 5 heures en prenant son temps), mais vu le prix et l’intensité de l’expérience… Ne passez pas à coté !

Here they Lie

Les points positifs

  • Histoire admirablement écrite
  • Ambiance dérangeante et surréaliste
  • Direction artistique sublime, beaucoup de détails
  • Environnements marquants
  • Scènes cultes
  • Le prix
  • Seul du genre dispo sur PSVR à l’heure actuelle

Les points négatifs

  • Flou très prononcé
  • Attention au motion-sickness au début, malgré l’option « aide à la VR »
  • Relativement court (mais intense !)

Here they Lie

CONCLUSION 17/20

Un must-have PS4 si vous aimez le genre, mais il est préférable de le tester avant pour expérimenter   le motion-sickness, qui, au début, est présent très rapidement. Chaque lieu traversé vous procurera une sensation de malaise assez unique, et vous ne sortirez pas indemne de cette aventure. Troublant, dérangeant, effrayant, Here they lie s’impose comme LE titre phare ce ce line-up PSVR, pour tous les amateurs de survival. En espérant qu’il ne vous collera pas de violentes nausées au bout de quelques minutes, car c’est le genre de titre qu’on aimerait pouvoir faire d’une traite, sans devoir se dire : « arrête-toi, le p’tit va vomir ! »

Article rédigé par Echap

Here they Lie

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