Test de Far Cry Primal, l’art de la survie à coups de sagaie !

Renouveau complet pour la franchise Far Cry, l’éditeur Ubisoft vous propose maintenant de troquer vos armes à feu pour des sagaies et autres joyeux gourdins en os afin d’aller apporter la paix à un monde sauvage où humains et animaux sont des menaces constantes pour votre survie. Concept assez inattendu que de créer un jeu sur cette période de l’Histoire qui reste assez floue mais néanmoins intéressante !

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Un voyage dans le temps

Pas besoin de présenter la franchise Far Cry, c’est LA série de jeux qui offre aux joueurs un FPS dans un monde ouvert avec des graphismes toujours très travaillés. Dans Far Cry Primal, disponible depuis le 23 février dernier sur PS4/Xbox One et PC, le joueur se retrouve catapulté 10.000ans en arrière dans la peau de Takkar, un chasseur de la tribu Wenja. Très vite dans l’action puisqu’au terme de la cinématique qui vous explique que votre groupe de chasseurs cherchent à rejoindre une contrée idyllique répondant au nom d’Oros mais également que vous n’avez pas mangé depuis un certain temps, vous prenez part à une chasse au mammouth. C’est l’occasion d’apprendre les contrôles élémentaires du jeu mais aussi et surtout de voir à quel point la nature est impitoyable envers l’Homme : sitôt que vous avez tué votre premier mammouth (au prix de quelques membres de votre groupe piétiné par ce dernier), un tigre à dents de sabres surgit pour s’accaparer votre pitance et vous décrétez apéritif ! Dans votre fuite, le dernier chasseur de votre groupe meurt et vous vous retrouvez seul, désarmé et affamé dans une forêt avec bien sur le tigre à dents de sabre toujours à vos trousses. Encore une dizaine de minutes de didacticiel et enfin, vous vous retrouvez dans Oros et rencontrez le premier d’une myriade de personnages : Sayla la cueilleuse. Outre sa coiffure assez avant-gardiste, elle vous fait un résumé de la situation : Oros n’est pas aussi accueillant que ce que l’on pourrait croire, en effet les Wenjas sont tous dispersés et massacrés par les autres tribus. Votre aventure commencera à partir de cet instant, avec pour objectif rassembler les Wenjas et les guider vers un meilleur avenir.

far_cry_primal_essentielactu_test_wenja_06Sayla la cueilleuse

Voilà pour la trame du jeu, assez simpliste d’ailleurs mais bon, nous sommes au Mésolithique, on ne va pas sauver le monde d’une armée de terroristes. Premier constat de ce quart d’heure de jeu, les graphismes sont une nouvelle fois dans la série Far Cry, très travaillés. Les décors sont magnifiques et on ne peut que mentionner le travail réalisé sur les textures du feu. Les cinématiques et autres animations sont également superbes. Ubisoft a été jusque créer un dialecte qui a un double avantage, créer une version du jeu unique (puisqu’il n’y a que les sous-titres qui changent en fonction du choix de la langue) mais également de permettre au joueur une immersion complète dans cet environnement Préhistorique. Hormis le fait que ces dialogues sont assez simplistes (« toi tuer mammouth »), ils collent vraiment à l’ambiance.

far_cry_primal_essentielactu_test_wenja_00Paysage à dos de tigre à dents de sabre

Un monde beau mais hostile

Oros est divisé en plusieurs parties que le joueur découvrira au fur et à mesure de son exploration mais avec toujours le même point de vue : un dépaysement complet et un salut approbateur quant aux magnifiques panoramas que l’on peut admirer constamment. Le travail sur les décors d’Oros est très bien réalisé et ces différentes zones (plateaux enneigés du nord, forêts au centre et plaines et collines du sud) sont magnifiques. On ne peut que regretter les « cassures » assez nettes et visibles entre deux zones.

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Le joueur aura compris dès le didacticiel que la faune est dangereuse, les nombreux animaux auront presque tous la volonté de tuer Takkar pour différentes raisons : devenir un en-cas, protéger le troupeau ou encore, avec quelques soupçons, juste par plaisir. Mais ce n’est pas le seul facteur hostile d’Oros, les autres tribus voudront également vous tuer pour à peu près les même raisons que la faune locale. Outre les Wenjas, il y a deux autres tribus dans Oros : les Udams et les Izilas. Les premiers sont des hommes musculeux et à la grande stature. Il arbore des colliers d’os et autres peaux de bêtes et sont en somme tous ce que peut représenter l’homme préhistorique à nos yeux. Cette tribu est en pleine extinction, ils sont tous sujets à une maladie qui décime leurs rangs. Ils ont des petites préférences comme tout le monde : les gourdins (à une ou deux mains, au choix), le poison qu’ils maîtrisent ou encore le cannibalisme (l’homme est plus facile à chasser que le lion des cavernes de toute façon). Les décors de leurs cavernes sont d’ailleurs assez singulier, moins de peinture rupestre et plus de cranes et autres morceaux d’humains disséminés partout.

far_cry_primal_essentielactu_test_wenja_07Ull, chef et sex-symbol des Udams

La seconde est plus avancée que les autres et se démarque par sa culture et sa technologie. Ils maîtrisent l’agriculture mais aussi la fabrication de bâtiments plus poussés que les huttes et cavernes. Ils ont par contre un penchant sadique pour l’esclavagisme des autres tribus qu’ils considèrent comme inférieurs. Disposant eux aussi de petites préférences, ils savent très bien se servir de leurs sagaies et arcs et disposent d’une force au corps à corps attaquant au gourdin à deux mains enflammées et arborant un masque protégeant leur tête. Feu qu’ils aiment et vénèrent au point d’avoir créé des bombes à feu (l’ancêtre des grenades incendiaires en somme). En bref, aucune des deux autres tribus ne vous veut du bien et les rixes seront nombreuses.

far_cry_primal_essentielactu_test_wenja_01Batari, chef pyromane des Izilas

Un gameplay qui mixe l’infiltration et l’empalement à coup de sagaie !

Avant de parler du système de jeu, un point important à évoquer est la possibilité d’apprivoiser des animaux sauvage. La bêbête qui voulait vous tuer il y a dix secondes peut devenir votre meilleure amie en s’y prenant bien. Ces dernières pourront ainsi revêtir plusieurs rôles : monture, force d’attaque, ou encore commis de cuisine (petite pensée au Dhole qui vous rapportent la viande des animaux que vous avez chassé). Vous êtes un homme standard, sans aucune protection vestimentaire autre que votre peau de bête, alors ne rechignons pas à envoyer en éclaireur notre gros chaton dans le camp en face.

Far Cry® Primal_20160225202249Gros chaton personnel

On favorisera souvent la discrétion pour remporter une bataille, se lancer en hurlant dans un camp adverse avec son gourdin rime souvent à signer son arrêt de mort (surtout si le camp en question dispose de moyens permettant d’appeler des renforts). Là encore, un autre allié est votre chouette de compagnie, les Wenjas ont un lien privilégié avec la nature et sont persuadés d’avoir un esprit animal. Pour votre héros, c’est une chouette. Elle vous permettra d’avoir un aperçu des forces ennemis dans un camp, de marquer ces derniers pour vous aider, de fondre sur un ennemi (un très bon moyen d’éliminer ceux qui sont capable d’appeler des renforts) ou encore de larguer des bombes de feu, de poison ou piquante (un essaim d’abeilles) en plein milieu du camp. Ce n’est pas Hedwige mais elle délivre aussi votre courrier chez vos ennemis. Vous pouvez également combiner vos animaux apprivoisés en envoyant la chouette marquer un ennemi isolé ce qui permettra d’envoyer votre jaguar éliminé discrètement ce dernier. Bref pourquoi se salir les mains quand des créatures féroces peuvent le faire à votre place.

far_cry_primal_essentielactu_test_wenja_02Chouette vision du ciel

Si vous décidez quand même d’aller faire le boulot par vous-même, vous aurez bien sur accès à des armes rudimentaires : sagaie, arc, gourdin en os, couteau en pierre etc… Il est plus utile d’essayer les armes à distances puisque certains ennemis font un carnage au corps à corps, néanmoins les défonçages de crânes aux gourdins sont aussi efficaces. Vous avez aussi la possibilité de réaliser des exécutions permettant d’éliminer instantanément vos ennemis (on regrette cependant le manque de diversité de ces exécutions). Ceci concerne vos adversaires humains, maintenant lorsqu’il s’agit d’une chasse pour l’animal, plusieurs tactiques s’offrent à vous : approcher furtivement, envoyer votre animal ou encore courir derrière votre proie en hurlant. Une fois que l’animal est blessé, le joueur peut utiliser sa vision de chasseur afin de suivre les traces de sang et ainsi achever sa proie. Il existe deux types de chasse, la chasse normale et la chasse aux grands animaux. Cette dernière vous met face à face avec des animaux uniques proches du super-prédateur. Durant ces chasses, vous devrez les pister puis préparer le terrain en installant des pièges. Pendant la confrontation, ces animaux font beaucoup de dégâts et ont une barre de vie visible de la même manière que les boss (les combats contre les boss sont d’ailleurs vraiment très difficile : en plus d’être des sacs à PV, il faudra bien souvent utiliser le décor pour les abattre, le tout avec un repop quasi-continu d’ennemis). Si vous succombez à vos blessures, l’animal gardera les traces de votre précédent affrontement la prochaine fois que vous la croiserez.

far_cry_primal_essentielactu_test_wenja_03Lancer de sagaie sur Mammouth

Enfin, pour crafter vos armes, améliorer ces dernières ainsi que les huttes des spécialistes de votre village (qui vous donneront d’ailleurs accès à de nouvelles compétences et armes à débloquer), il sera nécessaire de farmer des ressources (bois, pierres etc…) disséminées partout dans Oros. Les quêtes qu’offre la trame principale mais également les spécialistes de votre village vous permettent de gagner de l’XP qui sera nécessaire pour améliorer vos compétences. La courbe de difficulté est linéaire, les choses se corseront au fur et à mesure de votre progression, il sera donc nécessaire d’améliorer vos compétences en bouclant des quêtes. Bien que le nombre conséquent de ces dernières offre une longue durée de vie, on peut regretter la redondance notable. D’ailleurs afin d’augmenter encore la durée de vie de Far Cry Primal, on peut collectionner des objets à récupérer dans Oros (masques Izila, Bracelets Wenjas, peinture rupestre etc…). Obtenir ces objets offre de l’XP mais se révèle assez long et fastidieux.

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Enfin concernant le gameplay, le système de jeu est rythmé par un cycle jour/nuit très réussi. La nuit, votre vision est bien sur limitée et les prédateurs deviennent plus dangereux et plus agressifs. Pourquoi sortir la nuit dans ce cas ? Et bien certains animaux et ressources n’apparaissent que la nuit ce qui oblige le joueur à se mettre en danger pour récupérer ces précieuses ressources. C’est à cet instant que le feu révèle tout son intérêt, vous pouvez enflammer vos armes ce qui vous permettra de les brandir face aux prédateurs afin de les éloigner. L’utilisation du feu est très bien travaillé puisque la nature peut être brûlée pour infliger des dégâts aux animaux et ennemis, vous pouvez également bruler des ronces pour vous dégager un passage ou encore bruler des huttes adverses pour faire une diversion.

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Un travail considérable 

Outre les énormes recherches effectuées par Ubisoft sur le sujet afin d’offrir la meilleure immersion possible pour les joueurs, on peut noter le travail sur les animations de la nature et des êtres qui la peuplent. La bande son et les bruitages non plus ne sont pas en reste, le joueur peut facilement ressentir la dangerosité d’Oros. En se baladant tranquillement, on sera souvent en train de regarder partout autour de nous lorsqu’un rugissement se fera entendre. De même, sans prévenir, on pourra entendre des cris d’Hommes hurlant « Wenja », signe que vous êtes repérés et qu’il va falloir défendre votre vie. L’intelligence artificielle, en dehors de quelques bugs (ennemis qui ne vous repère pas alors que vous êtes dans le buisson à 5cm de son pagne ou qui au contraire vous repère alors que vous êtes bien caché), est assez aboutie. Les ennemis vous ayant repéré continueront à vous chercher dans tous les recoins et n’hésiteront pas à appeler des renforts.

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Les animaux aussi useront de pseudo-stratégie pour vous croquer, n’hésitant pas à rebrousser chemin et vous contournez ou encore venir faire des attaques éclairs en meute puis reculer pour mieux revenir à la charge. Si la viande, qui permet de regagner de la vie (que ce soit en l’ingérant crue ou en utilisant le système de craft de potions, capable d’offrir des bonus à Takkar lui permettant, par exemple, d’être moins repérable par les animaux) est facilement trouvable en fouillant les ennemis ou en dépeçant les proies vaincues, un bon coup de croc ou de gourdin fera perdre tout aussi facilement des PV à notre héros. Cette intelligence artificielle rythmera le jeu, le joueur verra assez souvent des prédateurs en train de pourchasser une proie, voir des hommes chasser des animaux avant de se faire subtiliser leur butin par un ours des cavernes grognon. Des événements utilisent d’ailleurs cette intelligence artificielle et vous demandera d’aider vos copains Wenjas à repousser des vagues d’Udams/Izilas ou de prédateurs. Parfois, des membres des autres tribus feront des prisonniers dans vos rangs et ce sera à vous de les libérer. En bref, cette intelligence artificielle fait un excellent travail pour rendre Oros vivant.

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Les points positifs

  • Des graphismes magnifiques
  • Une bande son et des bruitages soignés
  • Les combats brutaux
  • L’immersion au Mésolithique travaillée
  • La durée de vie conséquente
  • La création d’une langue originale
  • La dimension RPG (craft, farm, XP etc…)
  • Les personnages secondaires
  • Apprivoiser un tigre à dents de sabre
  • Le lancer de sagaie !

Les points négatifs

  • Quelques bugs d’intelligence artificielle
  • Les quêtes redondantes
  • Les combats contre les boss
  • L’absence de multijoueur
  • Les cassures assez nettes entre les biomes

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CONCLUSION 17/20

Far Cry Primal inscrit un renouveau bienvenu dans l’univers de la franchise. Ubisoft propose avec ce jeu, une immersion très bien réalisée dans un univers beau mais hostile. Les petits ajouts comme le craft d’armes ou encore apprivoiser des bêtes sauvages permettent d’utiliser une myriade de stratégie. De même que cette dimension RPG avec le gain d’XP menant aux améliorations de compétences, nécessaire pour bien suivre la difficulté croissante du jeu. Malgré quelques bugs, un scénario relativement simpliste et des quêtes à la limite de la redondance, l’univers d’Oros et sa brutalité donnent envie de suivre Takkar jusqu’à la sauvegarde de son peuple. Que ce soit pour effectuer des quêtes ou simplement en se baladant pour farmer, on appréciera les graphismes magnifiques, ainsi que cette intelligence artificielle donnant de la saveur à ce monde sauvage. Il est cependant dommage qu’un mode multijoueur, même en local, ne vienne pas compléter cet opus, une chasse au mammouth à plusieurs aurait pu être un grand moment. Pour résumer, Far Cry reste une proposition originale, soignée et permettra aux joueurs de ressentir pleinement les côtés précaires de la survie à une époque de l’histoire où l’Homme était encore d’être au sommet de la chaîne alimentaire.

Article rédigé par Ben

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