Le saut de la foi : mon premier contact avec The Rogue Prince of Persia
Le soleil tape sur les remparts de Ctésiphon, mais l’ombre qui s’étend sur la ville n’a rien de naturel. Quand j’ai lancé The Rogue Prince of Persia pour la première fois sur ma Switch, j’ai immédiatement ressenti cette décharge familière, ce mélange de crainte et d’excitation propre aux grandes licences qui tentent un virage serré. Ici, on ne parle pas d’un simple jeu d’action-aventure. On parle d’une mue. Le Prince, celui que nous avons connu sous tant de visages, troque son armure de héros de conte pour la tunique plus modeste, mais terriblement exigeante, du héros de roguelite. Ce n’est pas un hasard si le studio Evil Empire est aux commandes. Les architectes derrière le suivi légendaire de Dead Cells ont pris les rênes, et dès les premières secondes, on comprend que la magie va opérer. Je me suis retrouvé propulsé dans une Perse envahie par une armée de Huns corrompus par une magie sombre, avec pour seule alliée une amulette mystérieuse qui me permet de revenir à la vie après chaque échec. C’est là que le voyage commence, dans le sang, la poussière et la satisfaction pure du mouvement parfait.
En tenant la console en mode portable, j’ai été frappé par la direction artistique. On est loin du photoréalisme ou du style sombre des épisodes des années 2000. Le jeu adopte une esthétique proche de la bande dessinée franco-belge, avec des aplats de couleurs vives, des teintes violettes et orangées qui explosent à l’écran. C’est audacieux, c’est frais, et surtout, c’est incroyablement lisible. Dans un jeu où chaque milliseconde compte pour éviter un piège ou parer un coup d’épée, cette clarté visuelle est une bénédiction. Je me suis surpris à m’arrêter quelques instants pour admirer les arrière-plans, avant qu’un ennemi ne me rappelle brutalement à la réalité de ma mission. Le Prince bouge avec une grâce que je n’avais pas ressentie depuis longtemps. Il ne se contente pas de courir ; il danse sur les murs, s’agrippe aux corniches et glisse sous les lames avec une fluidité organique qui donne l’impression que la manette est le prolongement naturel de nos pensées.
L’introduction ne s’embarrasse pas de cinématiques interminables. Elle nous jette dans l’arène, nous apprenant les rudiments du wall-run, la signature de la saga, réinventée ici pour la 2D. On comprend vite que la verticalité sera notre meilleure arme. Courir sur le fond du décor pour contourner un bouclier ou atteindre une plateforme surélevée devient un réflexe salvateur. Ce premier contact est une promesse tenue : celle d’un jeu qui respecte l’héritage de Prince of Persia tout en embrassant la modernité d’un genre qui ne pardonne rien. On sent le poids de l’histoire, mais surtout le dynamisme d’un studio qui sait comment rendre la mort intéressante. Chaque échec est une leçon, chaque réussite un shot de dopamine qui nous pousse à dire encore une petite partie avant de dormir.
Comment se joue The Rogue Prince of Persia sur la console hybride ?
Le gameplay de The Rogue Prince of Persia repose sur une alchimie parfaite entre la précision d’un jeu de plateforme et l’intensité d’un beat’em up. Dès les premières heures, j’ai compris que le mouvement était au cœur de tout. Le système de parkour est sans doute l’un des plus aboutis que j’ai pu tester sur Switch. En maintenant une gâchette, on peut courir sur les murs d’arrière-plan, franchir des gouffres ou éviter des projectiles. Ce n’est pas juste un gadget de déplacement, c’est un outil de combat. On se retrouve souvent à courir au-dessus de la tête d’un ennemi pour retomber derrière lui et lui infliger un coup critique. La sensation de vitesse est grisante, et la console de Nintendo encaisse le tout sans sourciller, maintenant une fluidité exemplaire même lorsque l’écran se remplit d’ennemis et d’effets de particules.
Le système de combat, quant à lui, demande une attention constante. On dispose d’une arme principale, souvent une épée rapide ou des dagues, et d’une arme secondaire comme un arc ou des boucliers. Mais le véritable génie réside dans l’utilisation de l’environnement. On peut projeter les ennemis contre des murs pour les étourdir, ou les faire tomber dans des piques qu’ils avaient eux-mêmes installés. Le Prince dispose également d’un coup de pied dévastateur qui permet de gérer les foules. J’ai passé des minutes entières à perfectionner mes enchaînements, apprenant à parer au bon moment pour déclencher une contre-attaque dévastatrice. La difficulté est présente, mais elle n’est jamais injuste. Quand on meurt, on sait exactement pourquoi : on a été trop gourmand, ou on a raté un saut par excès de confiance. C’est l’essence même du roguelite, et ici, elle est sublimée par le savoir-faire d’Evil Empire.
La progression est rythmée par la découverte d’amulettes. Ces objets magiques, que l’on trouve dans des coffres ou que l’on achète auprès de marchands itinérants, sont le cœur du « build » de notre personnage. Certaines ajoutent des dégâts de feu à nos attaques, d’autres créent une onde de choc quand on atterrit après un saut. Ce qui est fascinant, c’est la synergie entre ces objets. On commence une « run » avec une idée en tête, et on finit par adapter totalement son style de jeu en fonction des trouvailles. J’ai eu des parties où j’étais une véritable machine de guerre à distance, et d’autres où je devais coller au corps-à-corps pour survivre. Cette variété assure une durée de vie colossale au titre, car aucune tentative ne ressemble à la précédente. On explore des biomes différents, des jardins suspendus aux carrières sombres, chacun apportant ses propres défis et son propre bestiaire.
Quelle est la qualité de la technique et de l’ambiance sonore ?
Sur le plan technique, la version Switch de The Rogue Prince of Persia est une excellente surprise. On sait que la console peut parfois peiner sur des titres gourmands, mais ici, l’optimisation est aux petits oignons. Le jeu tourne avec une fluidité qui ne faiblit jamais, ce qui est crucial pour un titre basé sur les réflexes. Les temps de chargement entre les zones sont raisonnables, et je n’ai rencontré aucun bug majeur venant entacher l’expérience. Le style visuel, très typé « comics », permet de masquer les limites de puissance de la machine tout en offrant un rendu visuel flatteur, que ce soit sur l’écran de la console ou sur un téléviseur. Les couleurs sont saturées avec goût, et les animations du Prince sont d’une décomposition exemplaire, permettant d’anticiper chaque mouvement avec précision.
L’ambiance sonore mérite également que l’on s’y attarde. La bande-son mélange des sonorités traditionnelles persanes avec des rythmes beaucoup plus modernes, presque hip-hop ou électro par moments. C’est un anachronisme volontaire qui fonctionne à merveille et qui colle parfaitement à l’énergie du gameplay. Les bruitages ne sont pas en reste : le fracas des épées, le souffle du vent quand on court sur les murs, ou le cri des monstres corrompus participent à une immersion totale. J’ai particulièrement apprécié le travail sur les silences et les montées en puissance lors des combats de boss. Ces derniers sont d’ailleurs de véritables moments de bravoure, exigeant une lecture parfaite des patterns et une utilisation optimale de tout notre arsenal. La musique s’emballe alors, nous poussant à nous dépasser pour voir enfin la barre de vie de l’adversaire tomber à zéro.
L’aspect narratif, bien que plus discret que dans un jeu d’aventure classique, est distillé de manière intelligente. À chaque retour au campement, on discute avec des personnages secondaires qui nous en apprennent plus sur la chute de Ctésiphon et sur la nature de la menace Hun. Ce ne sont pas juste des donneurs de quêtes, ils ont une personnalité, une âme. On finit par s’attacher à cette petite communauté d’exilés qui tente de survivre au milieu du chaos. Le scénario se dévoile par petites touches, à travers des fragments de souvenirs ou des éléments du décor. C’est une narration environnementale efficace qui ne vient jamais briser le rythme effréné du jeu, mais qui donne une raison supplémentaire de vouloir aller plus loin, de comprendre le pourquoi du comment de cette malédiction temporelle.
Pourquoi ce Prince of Persia se démarque-t-il de ses concurrents ?
Face à des géants comme Hades ou Dead Cells, The Rogue Prince of Persia parvient à se forger une identité propre. Ce qui le distingue, c’est son héritage de « plateformer ». Là où beaucoup de roguelites se concentrent presque exclusivement sur le combat, le titre d’Evil Empire accorde une place prépondérante à l’agilité et à l’exploration verticale. Le level design est un labyrinthe de possibilités où le chemin le plus court n’est pas forcément le plus sûr. Il y a un plaisir pur à enchaîner les acrobaties sans jamais toucher le sol, à utiliser le décor comme un tremplin permanent. C’est cette sensation de liberté de mouvement qui fait que l’on revient toujours vers le jeu, même après une défaite cuisante face à un boss de fin de zone. On ne progresse pas seulement via les statistiques de notre personnage, mais aussi via notre propre maîtrise technique.
Le système d’exploration est également très bien pensé. Les niveaux sont générés de manière procédurale, mais ils conservent une cohérence structurelle qui évite le sentiment de chaos. On trouve souvent des raccourcis ou des salles secrètes qui récompensent la curiosité. Contrairement à d’autres jeux du genre qui peuvent paraître répétitifs, The Rogue Prince of Persia réussit à maintenir l’intérêt grâce à des environnements qui changent radicalement l’approche du jeu. Dans certaines zones, les pièges environnementaux sont plus dangereux que les ennemis eux-mêmes, nous obligeant à ralentir le rythme et à redevenir le prince précautionneux des premiers opus de la saga. C’est ce savant dosage entre action frénétique et précision millimétrée qui en fait une œuvre à part entière.
Enfin, il faut souligner la générosité du titre en termes de contenu. Même en accès anticipé, le jeu propose déjà de nombreuses armes, amulettes et biomes à découvrir. Les développeurs ont une feuille de route claire et sont à l’écoute de la communauté, ce qui est très encourageant pour l’avenir du jeu. Sur Switch, c’est le compagnon idéal pour des sessions courtes en transport ou des soirées plus longues dans son canapé. Le titre s’adapte à notre emploi du temps, offrant une satisfaction immédiate tout en récompensant l’investissement sur le long terme. C’est un jeu qui a du cœur, une âme et une vision claire de ce qu’il veut accomplir. Pour moi, c’est l’un des meilleurs usages de la licence Prince of Persia depuis des années, prouvant que le héros n’a rien perdu de sa superbe, à condition de savoir se réinventer avec audace.
Est-ce que le niveau de difficulté convient à tous les joueurs ?
La question de la difficulté est centrale dans tout roguelite. The Rogue Prince of Persia n’est pas un jeu facile, loin de là, mais il est profondément accessible. Les premières parties peuvent être rudes, le temps de comprendre comment fonctionne le wall-run et d’assimiler le timing des parades. Cependant, le jeu intègre une courbe d’apprentissage très douce. On débloque assez vite des améliorations permanentes qui facilitent les tentatives suivantes. De plus, la nature même du jeu encourage l’expérimentation. On ne se sent jamais puni arbitrairement. C’est un titre exigeant qui demande de l’investissement, mais qui sait aussi se montrer gratifiant dès que l’on commence à maîtriser les mécaniques de base. Les joueurs moins habitués au genre pourraient être intimidés au début, mais la fluidité des contrôles aide énormément à franchir le cap de la frustration initiale.
Pour les vétérans du genre, le défi est bien présent. Certains boss demandent une concentration absolue et une connaissance parfaite de son équipement. Il y a une réelle profondeur tactique dans le choix de ses armes et de ses amulettes. On peut construire des « builds » orientés sur le contrôle de zone, sur la survie pure ou sur des dégâts critiques massifs. Cette richesse fait que l’on a toujours envie de tester une nouvelle approche, de voir si telle combinaison d’objets peut briser le jeu ou nous sortir d’une situation désespérée. Le titre propose donc plusieurs niveaux de lecture : un jeu d’action nerveux pour s’amuser rapidement, et un système complexe de synergie pour ceux qui veulent optimiser chaque seconde de leur run. C’est cet équilibre délicat qui permet au jeu de s’adresser à une large audience sans jamais trahir ses racines de jeu hardcore.
En conclusion de ces heures passées en compagnie du Prince, je peux dire que le pari est réussi. Le jeu parvient à capturer l’essence de la plateforme tout en y injectant l’addiction du roguelite. C’est une expérience sensorielle forte, servie par une technique solide sur Switch et une direction artistique qui ne laisse personne indifférent. On ressent la passion de l’équipe de développement derrière chaque pixel, chaque animation et chaque note de musique. Ce n’est pas juste un jeu de plus dans un catalogue déjà bien rempli, c’est une proposition rafraîchissante qui redonne ses lettres de noblesse à une icône du jeu vidéo. Si vous aimez l’action, les défis et les univers colorés, vous n’avez aucune excuse pour ne pas sauter le pas.
Foire Aux Questions (FAQ)
The Rogue Prince of Persia est-il disponible sur d’autres supports ?
Oui, le jeu est initialement sorti en accès anticipé sur PC avant d’arriver sur consoles. La version Nintendo Switch est particulièrement adaptée à son format de jeu en sessions courtes.
Faut-il avoir joué aux anciens Prince of Persia pour comprendre l’histoire ?
Pas du tout. Il s’agit d’une nouvelle interprétation de la licence avec son propre univers et sa propre intrigue. Les clins d’œil aux anciens épisodes sont présents pour les fans, mais le jeu est totalement autonome.
Quelle est la durée de vie du jeu ?
Comme tout roguelite, elle est potentiellement infinie. Comptez environ 15 à 20 heures pour voir le bout d’une première run victorieuse, mais bien plus pour débloquer toutes les armes, amulettes et secrets du jeu.
Le jeu est-il entièrement traduit en français ?
Oui, le jeu bénéficie d’une excellente localisation française, que ce soit pour les dialogues ou les descriptions des objets, respectant l’ambiance et le ton du titre.
Le jeu est-il jouable hors-ligne sur Switch ?
Oui, une fois le jeu téléchargé, vous pouvez y jouer partout sans connexion internet, ce qui en fait un excellent choix pour les voyages.
Notre verdict final
The Rogue Prince of Persia est une éclatante réussite qui prouve que la licence a encore de beaux jours devant elle. En confiant les clés de la ville au studio Evil Empire, Ubisoft a permis la naissance d’un hybride fascinant, entre la plateforme acrobatique historique et le roguelite moderne et exigeant. Sur Nintendo Switch, le jeu brille par sa fluidité et son style visuel unique. Malgré une difficulté qui pourra freiner les plus impatients, le titre récompense chaque effort par une sensation de puissance et de grâce incomparable. C’est un indispensable pour tous les possesseurs de la console hybride en quête d’action pure et de défis renouvelés.
Note globale : 88 %
« Un mariage royal entre agilité légendaire et addiction moderne, faisant du Prince le nouveau roi du roguelite. »


