Test Resident Evil Requiem : Capcom réunit tous ses démons dans un best-of sanglant sur PS5

Test Resident Evil Requiem : Le grand écart magistral entre Grace et Leon sur PS5

Le plancher de l’Hôtel Wrenwood gémit sous les pas de Grace Ashcroft, et avec lui, c’est tout le poids du passé qui refait surface. Huit ans après l’assassinat de sa mère Alyssa, la jeune analyste du FBI se retrouve projetée dans un cauchemar qui dépasse de loin le simple fait divers. On pensait avoir tout vu des dernières conférences, mais Capcom nous a tendu le piège parfait. Resident Evil Requiem n’est pas qu’une suite, c’est un « double jeu » schizophrène qui réconcilie les amoureux de la peur viscérale et les mordus d’action hollywoodienne. En associant la vulnérabilité de Grace à la puissance de feu d’un Leon S. Kennedy plus affûté que jamais, ce neuvième opus canonique s’impose comme une grand-messe sanglante. Chez EssentielActu, on a terminé l’aventure en 12 heures, les mains moites et le cœur battant, avec une seule certitude : la saga n’a jamais été aussi généreuse.

Grace et Leon : Deux gameplays, un seul enfer

La grande force de ce Requiem réside dans sa structure binaire. Capcom a eu l’idée géniale de scinder l’expérience en fonction du héros incarné. D’un côté, nous suivons Grace Ashcroft. Avec elle, Resident Evil renoue avec ses racines les plus pures : l’inventaire est réduit, les munitions sont des reliques sacrées, et la fuite est souvent la seule option viable. Ses séquences évoquent la tension étouffante de RE7, où chaque ombre peut cacher un Blister Head, cette nouvelle évolution terrifiante des Crimson Heads qui revient à la vie si vous ne l’achevez pas avec un injecteur hémolytique. Grace doit crafter son équipement en récupérant du sang, résoudre des jeux de logique pour débloquer des recettes et dépenser des pièces antiques pour espérer survivre. C’est lent, c’est tactique, et c’est absolument terrifiant.

Puis, le rythme s’emballe. On bascule sur Leon S. Kennedy, et le jeu se transforme en une machine de guerre qui fera vrombir de plaisir les fans de RE4. Leon, c’est la puissance brute : il pare, il contre, il déclenche des actions contextuelles destructrices et améliore son arsenal à coups de crédits glanés sur les cadavres. Ce ping-pong narratif entre l’infiltration tendue de Grace et l’action décomplexée de Leon évite l’essoufflement. On passe d’une ambiance à la Alien Isolation à un rythme digne d’un Uncharted sous stéroïdes en un clin d’œil. Cette alternance, loin d’être bancale, apporte une variété folle et permet de couvrir tout ce qu’un fan de la licence peut exiger en 2026.

L’Hôtel Wrenwood, un musée du macabre

L’aventure abandonne la structure en « hub » des derniers épisodes pour revenir à une progression plus linéaire, mais diablement rythmée. L’Hôtel Wrenwood est une prouesse de direction artistique, rappelant l’ambiance poisseuse du Lakeview de Silent Hill 2. Techniquement, le RE Engine crache ses poumons sur PS5 : les textures sont d’une précision chirurgicale, les jeux de lumière magnifient chaque éclaboussure de sang sur le papier peint décrépit, et le démembrement des ennemis au shotgun atteint un niveau de détail proprement hallucinant. On est face au Resident Evil le plus sanglant de l’histoire, une œuvre d’art teintée de rouge et de gris qui tourne en 60 FPS constants.

Le scénario, s’il flirte volontairement avec la série Z et les répliques « punchy » typiques de la saga, n’en reste pas moins captivant. En liant l’enquête de Grace à la destruction de Raccoon City survenue il y a 28 ans, Capcom fait du fan-service de haut vol. Le jeu regorge de clins d’œil aux épisodes fondateurs, agissant comme un véritable « best-of » historique. On pourra regretter que certains objectifs restent dans une zone de confort (trouver trois objets aux quatre coins de la map pour ouvrir une porte), mais le plaisir de jeu est tel que l’on pardonne ces archaïsmes mécaniques. C’est une revisite jouissive qui s’adresse autant aux nostalgiques de la première trilogie qu’aux nouveaux venus.

Une immersion sonore et visuelle totale

Le sound design de Requiem est une leçon d’immersion. Discrète mais adaptative, la musique s’efface pour laisser place à un environnement sonore oppressant. Si vous jouez avec un système 5.1 ou un casque audio 3D, l’expérience devient physique. On localise chaque râle, chaque craquement de bois, chaque mouvement des Blister Heads dans notre dos. Capcom propose également une VF de très bonne facture, un point à souligner tant l’effort de localisation est qualitatif. Le jeu nous laisse aussi le choix de la perspective : on peut vivre l’horreur avec Grace en vue subjective pour une immersion totale, et switcher en caméra épaule avec Leon pour un meilleur contrôle de l’action. Cette flexibilité montre à quel point l’épisode a été pensé pour rassembler toute la communauté.

Enfin, la rejouabilité n’est pas en reste. Terminer le jeu débloque une multitude de bonus, de concept arts et de modèles 3D à acheter avec les points accumulés lors de vos exploits. C’est cette générosité, couplée à un rythme qui ne faiblit jamais pendant 12 heures, qui fait de Requiem une réussite majeure. Le titre ne cherche pas à réinventer la roue, mais il l’huile avec un sang frais et une maîtrise technique insolente. C’est le Resident Evil qui les rassemble tous, une communion sanglante entre passé et futur.

Qui sont les nouveaux ennemis « Blister Heads » dans Resident Evil Requiem ?

Les Blister Heads sont la nouvelle menace majeure de Resident Evil Requiem. Inspirés des Crimson Heads du premier remake, ces monstres sont des évolutions de zombies déjà battus qui reviennent à la vie plus rapides, plus résistants et plus agressifs. Pour les empêcher de muter, le joueur doit impérativement les achever avec un injecteur hémolytique, ajoutant une couche de gestion de ressources cruciale au gameplay de Grace et Leon.

Quelles sont les différences de gameplay entre Grace Ashcroft et Leon Kennedy ?

Le gameplay de Grace Ashcroft est orienté « Survival-Horror » pur avec une vue subjective, un inventaire limité, et des mécaniques de craft basées sur le sang et des jeux de logique. À l’inverse, Leon S. Kennedy propose une expérience « Action » en caméra épaule, capable de parer les coups, de déclencher des attaques contextuelles et d’améliorer ses armes lourdes via un système de crédits. Ces deux styles se complètent pour offrir une aventure variée et équilibrée.

Peut-on jouer à Resident Evil Requiem en vue subjective et à la troisième personne ?

La grande intelligence de Resident Evil Requiem est de ne pas imposer un choix unique pour l’intégralité de l’aventure. Le menu de configuration propose une option baptisée « Perspective Dynamique par Protagoniste ». En l’activant, le jeu switch automatiquement selon le héros que vous contrôlez.

D’un côté, jouer les séquences de Grace Ashcroft en vue subjective (FPS) transforme l’Hôtel Wrenwood en un véritable simulateur de survie. La vision est obstruée par les recoins sombres des couloirs, le champ de vision se réduit dès que l’analyste panique, et chaque apparition d’un Blister Head devient un traumatisme frontal. C’est l’héritage direct de RE7 et Village : une immersion viscérale où l’on a l’impression de sentir le souffle fétide des monstres sur notre nuque. Les phases d’énigmes et de craft de sang gagnent en intensité, car vous devez physiquement baisser les yeux vers vos mains pour manipuler les objets, perdant ainsi de vue ce qui rôde dans la pièce.

D’un autre côté, passer sur Leon S. Kennedy en caméra à l’épaule (TPS) libère tout le potentiel spectaculaire du moteur. On retrouve immédiatement les sensations du remake de RE4. Cette vue offre une meilleure lecture de l’environnement, indispensable pour gérer les groupes d’infectés qui tentent de vous encercler. Elle permet d’apprécier la précision des parades au couteau et la fluidité des coups de pied circulaires de Leon. En mode TPS, le jeu met en avant le travail colossal effectué sur les animations de démembrement : voir un membre voler sous l’impact d’un tir de shotgun avec ce recul de caméra iconique procure une satisfaction presque coupable.

Une fluidité technique exemplaire

Ce qui impressionne techniquement sur PS5, c’est la fluidité de ces transitions. Que vous choisissiez de faire tout le jeu dans une seule vue ou de laisser le jeu alterner, il n’y a aucun temps de chargement ni saccade lors du changement de perspective. Capcom a même poussé le vice jusqu’à proposer un réglage de l’angle de vue (FOV) séparé pour chaque mode, évitant ainsi l’effet de nausée que certains joueurs ressentent en vue subjective.

Cette liberté totale est un aveu de la part de Capcom : ils ont conscience que la communauté Resident Evil est aujourd’hui scindée entre les puristes de la caméra fixe (ici représentés par l’esprit du TPS) et les nouveaux venus adeptes de l’immersion totale du FPS. En offrant ce choix, Requiem ne choisit pas son camp, il les réunit. Il permet aux joueurs de personnaliser leur propre « expérience d’horreur », rendant le titre accessible à tous les types de sensibilités sans jamais trahir la vision artistique globale.

Les fausses notes d’un Requiem presque parfait

Tout n’est pas rose (ou rouge sang) au pays du bioterrorisme. Malgré ses qualités indéniables, Resident Evil Requiem souffre de quelques tares qui pourront faire tiquer les joueurs les plus exigeants. Le premier point noir concerne le scénario, qui s’emmêle parfois les pinceaux dans sa volonté de trop bien faire. À force de vouloir lier chaque brin d’herbe à l’incident de Raccoon City, Capcom tombe par moments dans un fan-service un peu grossier, voire forcé. Certaines révélations demandent une suspension d’incrédulité digne des plus grands films de série Z : on est ici pour le grand spectacle, pas pour la cohérence froide, mais certaines répliques « nanardesques » et rebondissements tirés par les cheveux pourraient faire sortir les puristes de l’immersion.

Côté gameplay, on regrette aussi que le jeu reste parfois trop sagement dans sa zone de confort. Si la structure en deux actes est brillante, les objectifs de mission, eux, sentent parfois la poussière. Le sempiternel schéma consistant à « trouver trois médaillons/clés/fusibles » éparpillés aux quatre coins d’une zone pour ouvrir une simple grille devient un peu lassant en 2026. On aurait aimé que Capcom profite de la verticalité de l’Hôtel Wrenwood pour proposer des puzzles plus organiques plutôt que ces allers-retours mécaniques qui servent surtout à gonfler artificiellement la durée de vie. Enfin, si l’IA des Blister Heads impressionne, celle de certains ennemis de base en mode Leon manque parfois de jugeote, se contentant d’attendre sagement leur tour pour se faire démembrer. Des défauts mineurs face à l’ampleur de l’aventure, mais qui empêchent le titre d’atteindre la note ultime.

FAQ – Tout savoir sur Resident Evil Requiem

Combien de temps faut-il pour finir le jeu ?
En difficulté Standard, il faut environ 12 heures pour voir le bout de l’aventure, ce qui en fait un épisode très bien rythmé, sans longueurs inutiles.

Faut-il avoir joué aux anciens épisodes ?
Le jeu est très lié à la première trilogie et à Raccoon City. S’il est accessible aux nouveaux, les fans de longue date profiteront bien plus des nombreux clins d’œil et du fan service.

Le jeu est-il disponible en français ?
Oui, Capcom propose une VF intégrale de haute qualité, ainsi que la VO sous-titrée pour les puristes.

Notre verdict final Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem est le grand écart artistique que l’on n’attendait plus. En fusionnant l’horreur pure de Grace et l’action iconique de Leon, Capcom signe un « best-of » d’une générosité rare. Techniquement hallucinant et porté par un rythme qui ne laisse aucun répit, cet épisode est une lettre d’amour sanglante aux fans. Malgré un scénario délicieusement tiré par les cheveux et des objectifs parfois classiques, le plaisir de jeu est total. C’est simple : Capcom a réuni tout ce que vous aimez dans la série… et l’a transformé en un incontournable de la PS5.

Note : 90 % (18/20)

« Deux gameplays, une claque technique et un fan-service jouissif : le Requiem de Capcom est une symphonie macabre à ne pas manquer. »

Test réalisé par la rédaction d’EssentielActu.com sur PS5