Farming Simulator 25 : Entre brume écossaise et silence des lacs, le renouveau d’un géant sur PS5 ?
Le réveil sonne à cinq heures du matin, mais pas celui de mon smartphone. C’est le craquement du plancher de la ferme et le sifflement lointain du vent s’engouffrant dans les vallées des Highlands qui me tirent de mon sommeil virtuel. En lançant Farming Simulator 25 sur ma PlayStation 5, je ne m’attendais pas à une telle gifle atmosphérique. La licence de Giants Software a souvent été critiquée pour sa froideur technique ou son aspect « tableur Excel » glorifié. Pourtant, en posant mes bottes sur le sol détrempé de cette nouvelle carte européenne, j’ai ressenti quelque chose de différent. Une humidité presque palpable, une lumière rasante qui sublime les carrosseries chromées et, surtout, un silence apaisant que seul le clapotis de l’eau vient rompre. Bienvenue dans une itération qui, si elle ne révolutionne pas ses fondations, cherche désespérément à gagner en âme et en profondeur organique.
Le studio suisse nous avait promis du dépaysement, et le pari des Highlands est sans doute l’un des choix les plus audacieux de ces dernières années. On quitte les plaines infinies de l’Amérique profonde pour s’enfoncer dans des reliefs accidentés, où chaque virage avec une remorque de vingt tonnes devient un exercice de précision. Mais au-delà des collines, c’est une petite révolution bleue qui attire tous les regards : l’introduction de la pêche. Pour la première fois, le paysan délaisse ses sillons pour les pontons. Ce test n’est pas seulement le récit d’une optimisation technique, c’est l’histoire d’une immersion dans un monde qui essaie enfin de nous faire oublier que nous sommes devant un logiciel de simulation pour nous rappeler que nous sommes, avant tout, des gardiens de la terre.
Est-ce que la carte des Highlands change réellement la manière de jouer à Farming Simulator 25 ?
La carte des Highlands transforme radicalement l’approche logistique du jeu grâce à son relief accidenté et ses routes sinueuses qui imposent une conduite beaucoup plus technique que dans les opus précédents. Dès les premières minutes, j’ai compris que mes habitudes de conducteur de convoi exceptionnel allaient être bousculées. Terminé les lignes droites à perte de vue où l’on enclenche le régulateur de vitesse en regardant son téléphone. En Écosse, la topographie est une ennemie silencieuse. J’ai passé une heure à essayer de manœuvrer un semoir imposant à travers un vieux pont en pierre, sentant chaque vibration du moteur à travers le retour haptique de la DualSense. Cette verticalité apporte un sel inédit : on choisit ses champs non plus seulement pour leur prix au mètre carré, mais pour l’accessibilité des chemins qui y mènent.
Le climat joue également un rôle prépondérant dans cette immersion. La brume matinale ne se contente pas de faire joli sur les captures d’écran, elle réduit réellement la visibilité et modifie notre perception des distances. J’ai ressenti une forme de mélancolie réconfortante en voyant la pluie commencer à tomber sur mon pare-brise, activant les essuie-glaces alors que je finissais de presser mes dernières balles de foin. La sensation de solitude, si chère aux Highlands, est parfaitement retranscrite. Les villages en pierre, les murets qui délimitent les propriétés et les troupeaux de moutons qui parsèment les collines créent un tableau vivant. On n’est plus simplement en train d’exploiter une parcelle, on habite un territoire. La structure même de la carte force à réfléchir différemment à la disposition de ses bâtiments de ferme, cherchant l’abri des vents dominants ou la proximité des points d’eau pour la nouvelle activité phare.
La progression dans cette région demande une patience de fer. Les champs ne sont pas de parfaits rectangles symétriques. Ils épousent les courbes du terrain, obligeant l’IA des ouvriers (toujours perfectible, mais en progrès) à des manœuvres complexes. J’ai dû reprendre la main plus d’une fois pour finir un coin de parcelle qu’un tracteur automatisé refusait d’approcher par peur du ravin. C’est dans ces moments-là, à l’heure où le soleil décline et que l’horizon s’embrase de teintes orangées, que Farming Simulator 25 livre sa véritable essence. On ne joue pas pour gagner, on joue pour être là, pour ressentir la satisfaction d’un travail accompli dans un cadre qui force le respect par sa rudesse et sa beauté sauvage.
Comment fonctionne la pêche dans Farming Simulator 25 et est-ce une activité rentable ?
La pêche dans Farming Simulator 25 fonctionne comme une nouvelle chaîne de production intégrée, permettant de diversifier ses revenus en installant des structures sur les points d’eau pour récolter des poissons transformables en produits à haute valeur ajoutée. Loin d’être un simple mini-jeu de canne à pêche façon RPG, cette activité s’inscrit dans la boucle économique globale du titre. J’ai installé mes premiers casiers à écrevisses et mes enclos à poissons le long d’un lac scintillant des Highlands, et l’aspect gestion prend vite le dessus. Il faut surveiller les cycles de reproduction, s’assurer de l’approvisionnement en nourriture spécifique et, surtout, gérer la logistique de transport du poisson frais vers les points de vente ou les usines de transformation.
C’est une expérience sensorielle très différente du labourage. Là où le tracteur est synonyme de bruit de métal et de puissance brute, la gestion piscicole demande de la finesse. On navigue avec de petits bateaux ou on circule sur des pontons de bois qui craquent sous nos pas. J’ai trouvé cette parenthèse aquatique extrêmement rafraîchissante après dix heures de culture céréalière intensive. Financièrement, la pêche ne remplacera pas vos récoltes de colza ou de soja en termes de volume brut, mais elle constitue un complément de revenu stable et moins dépendant des caprices météorologiques saisonniers. Voir ses premières caisses de truites prêtes à être expédiées procure une satisfaction nouvelle, celle d’avoir dompté un élément que la série avait longtemps laissé de côté.
L’intégration de la pêche permet aussi d’exploiter des zones de la carte qui étaient autrefois de simples décors. Désormais, chaque étang, chaque cours d’eau devient une opportunité commerciale. Cela renforce l’aspect « bac à sable » du jeu : on peut décider de devenir un magnat de l’agroalimentaire aquatique ou simplement maintenir une petite activité de pêche artisanale pour financer l’achat d’un nouveau tracteur Massey Ferguson. L’interaction avec l’eau a bénéficié d’un soin particulier au niveau des shaders et des reflets, rendant l’attente près des filets particulièrement contemplative. C’est une activité qui prône la lenteur, un rythme presque méditatif qui s’accorde parfaitement avec l’ADN de la licence.
Quelles sont les améliorations techniques majeures de la version PS5 pour ce nouvel opus ?
La version PS5 de Farming Simulator 25 se distingue par une gestion de la lumière volumétrique inédite, une résolution 4K stable et une exploitation judicieuse des gâchettes adaptatives de la DualSense pour simuler la résistance des pédales et des leviers hydrauliques. Le moteur graphique maison de Giants Software a franchi un cap. Ce qui frappe immédiatement, c’est la densité de la végétation. L’herbe ne ressemble plus à une texture plate mais à de véritables brins qui réagissent au passage des roues. En roulant dans les champs de blé, j’ai vu les épis se courber avec un réalisme saisissant, créant un sillage derrière mon passage qui renforce l’impression de présence physique dans le monde.
Les temps de chargement ont fondu comme neige au soleil grâce au SSD de la console. Passer du menu principal à la ferme ne prend que quelques secondes, ce qui encourage les sessions de jeu rapides. Mais c’est surtout le travail sur le son qui m’a bluffé. Le mixage audio est désormais spatialisé. Lorsque je descends de mon tracteur pour inspecter une machine, le ronronnement du moteur change de direction et d’intensité selon mon orientation. Le sifflement du turbo, le cliquetis des pièces métalliques mal fixées sur une vieille benne, le cri des mouettes sur la côte écossaise… tout participe à une bulle sonore cohérente. On n’est plus seulement spectateur, on est au cœur d’un écosystème sonore vivant.
Côté fluidité, le jeu maintient ses 60 images par seconde la majeure partie du temps, même lorsque plusieurs machines complexes sont en action simultanément. J’ai noté quelques rares baisses de framerate lors de l’utilisation intensive de l’éclairage nocturne avec plusieurs projecteurs de chantier, mais rien qui ne vienne gâcher l’expérience. La gestion de la boue et des déformations de terrain a également été revue. On sent réellement quand une roue s’embourbe ou quand le poids de la cargaison pèse sur les suspensions. C’est cette accumulation de micro-détails qui fait de cette version PS5 la version de salon la plus aboutie techniquement, offrant un confort de jeu qui rend le retour sur les anciens épisodes difficile.
Pourquoi le gameplay de Farming Simulator 25 est-il plus profond que celui de ses concurrents ?
La force de Farming Simulator 25 réside dans son équilibre parfait entre accessibilité pour les néophytes et complexité systémique pour les vétérans, offrant des chaînes de production complètes que l’on ne retrouve chez aucun concurrent. Contrairement à d’autres titres qui se concentrent uniquement sur la conduite ou sur la gestion simplifiée, FS25 nous plonge dans une simulation totale. Chaque graine plantée est le début d’une aventure qui peut se terminer en farine, en pain, ou même en tissu si l’on se lance dans la culture du coton. Cette profondeur se ressent dans l’interface, qui a été épurée sans pour autant sacrifier les informations cruciales. On se sent investi d’une responsabilité : celle de faire fructifier un héritage.
Le système de météo dynamique influence désormais le sol de manière beaucoup plus concrète. Une pluie battante rendra le terrain glissant et difficile à travailler, tandis qu’une période de sécheresse impactera le rendement si l’on n’a pas investi dans des systèmes d’irrigation. Cette interaction constante avec les éléments donne au gameplay une dimension stratégique. J’ai dû, à plusieurs reprises, modifier mes plans de récolte en catastrophe car un orage était annoncé sur l’application météo intégrée. C’est ce genre de micro-décisions qui crée une narration émergente. On ne suit pas un scénario écrit, on écrit son propre récit de survie et de prospérité agricole.
La compétition, bien que présente, peine à atteindre ce niveau de finition. Là où certains concurrents proposent des graphismes parfois plus flatteurs, ils échouent souvent sur la physique des véhicules ou sur la richesse du catalogue de licences officielles. Dans FS25, conduire un John Deere ou un Fendt n’est pas qu’une question d’esthétique, c’est une question de sensations de conduite spécifiques. Chaque machine a son poids, son inertie, son rayon de braquage. C’est cette fidélité quasi maniaque aux détails mécaniques qui assoit la domination de Giants Software sur le genre. On ne se contente pas de simuler l’agriculture, on simule l’amour du métier.
FAQ : Tout ce qu’il faut savoir sur Farming Simulator 25
Faut-il avoir joué aux précédents épisodes pour apprécier FS25 ?
Absolument pas. Le jeu intègre un tutoriel beaucoup plus pédagogique et progressif que par le passé. Les nouveaux venus sont guidés pas à pas dans les bases de la culture et de l’élevage, tandis que les vétérans peuvent désactiver ces aides pour plonger directement dans le vif du sujet.
La pêche est-elle disponible sur toutes les cartes du jeu ?
Oui, la fonctionnalité de pêche est une mécanique de base du jeu. Bien qu’elle soit particulièrement mise en avant dans la carte des Highlands pour des raisons d’ambiance, vous pouvez installer vos infrastructures piscicoles sur n’importe quel plan d’eau compatible dans les autres environnements, y compris les cartes américaines ou asiatiques.
Le mode multijoueur permet-il de gérer une ferme à plusieurs sur PS5 ?
Oui, le multijoueur est un pilier de l’expérience. Vous pouvez inviter des amis pour vous aider dans vos tâches quotidiennes, répartir les rôles (un à la moisson, l’autre au transport) ou même gérer des fermes concurrentes sur la même carte. Le cross-play est également de la partie, permettant de jouer avec des utilisateurs PC ou Xbox.
Y a-t-il des bugs majeurs au lancement de la version PS5 ?
L’expérience globale est très solide. Nous avons rencontré quelques collisions de véhicules un peu étranges et de rares soucis d’affichage sur les textures lointaines, mais rien qui n’entache la progression ou le plaisir de jeu. Des correctifs réguliers sont déjà déployés par le studio.
Notre verdict final
Farming Simulator 25 n’est pas qu’une simple mise à jour annuelle ; c’est une lettre d’amour à la terre qui trouve en l’Écosse son plus bel écrin. L’ajout de la pêche apporte une respiration nécessaire à un gameplay qui commençait à s’essouffler dans ses automatismes. Techniquement brillant sur PS5, le titre parvient à transformer une simulation austère en un voyage sensoriel et contemplatif. Si la physique peut encore parfois prêter à sourire et si l’IA des ouvriers demande encore un peu de surveillance, le plaisir de voir son empire s’étendre sous la brume des Highlands est inégalé. Giants Software prouve qu’il maîtrise son sujet tout en osant s’aventurer sur de nouveaux terrains, ou plutôt, sur de nouvelles eaux.
Note : 88 %
« Plus qu’une simulation, Farming Simulator 25 est une parenthèse enchantée où la boue, l’eau et le métal s’unissent pour offrir l’expérience agricole la plus immersive jamais créée. »


