Test Farming Simulator Signature Edition sur Switch 2 : La simulation agricole est-elle enfin crédible chez Nintendo ?
Il y a quelque chose de fascinant à observer l’évolution d’une licence comme Farming Simulator sur les consoles portables. Pendant des années, nous avons dû nous contenter de versions « Pocket », amputées, simplifiées, presque infantilisantes. Mais en lançant cette Signature Edition sur la toute nouvelle Nintendo Switch 2, la promesse de Giants Software était claire : offrir enfin l’expérience complète, celle que les joueurs PC connaissent par cœur. Plus de compromis, plus de version « mobile » déguisée.
En insérant la cartouche (ou la « Game-Key Card » pour être précis) dans la fente de la Switch 2, j’avais en tête les mots de mes confrères qui évoquaient une version « enfin crédible ». Et c’est vrai. Dès les premières secondes, on sent que l’ambition a changé d’échelle. On ne joue plus à un petit jeu de gestion ; on est face à un monstre de contenu qui nous jette dans le grand bain sans bouée. Mais attention, si la crédibilité est là, la perfection technique, elle, attendra encore un peu. Entre un moteur physique qui fait souffler la console et une liberté totale parfois déroutante, retour sur mes cinquante heures de labour, de récolte et, avouons-le, de lutte avec la caméra.
La technique sur Switch 2 : Le DLSS sauve-t-il les meubles ?
La première chose qui frappe, et qui rassure immédiatement, c’est le rendu visuel global. On est loin, très loin, des textures baveuses de la génération précédente. Grâce au chipset NVIDIA de la Switch 2 et à l’intégration du DLSS, l’image est propre, nette, « dans la norme » de ce qu’on attend d’une production 2025. Les reflets sur les carrosseries des tracteurs, notamment les nouveaux modèles Mercedes-Benz inclus dans cette édition, sont saisissants. En mode docké, sur le téléviseur, le jeu s’avère même « un peu plus agréable à parcourir », offrant une lisibilité que le mode portable peine parfois à égaler.
Cependant, il faut briser un mythe tout de suite : non, le jeu ne tourne pas en 60 images par seconde. Nous sommes ici sur un 30 FPS stable, mais visible. Pour une simulation lente, c’est acceptable, mais dès qu’on active les gyrophares ou qu’on déplace la caméra rapidement autour d’une moissonneuse en action, on sent la limite. Certains de mes confrères ont noté des animations un peu hachées, notamment dans les barres de coupe, qui trahissent ce framerate verrouillé. C’est beau, indéniablement, ça a « de la gueule » comme on dit, mais on sent que la Switch 2 est poussée dans ses retranchements pour afficher tout cela sans faire fondre la batterie.
Gameplay et prise en main : Le syndrome « Grand Theft Farming »
Ce qui déroute le plus quand on lance cette Signature Edition, c’est ce sentiment de liberté absolue qui frôle le vertige. Un confrère de Nintendo-Town l’a très justement qualifié de « Grand Theft Farming ». On vous lâche dans la nature, littéralement. Vous pouvez marcher, courir, et même nager (oui, nager !) dans les rivières de la carte. Cette liberté est grisante. Pouvoir descendre de son tracteur pour inspecter un champ à pied, ou faire le tour de sa nouvelle acquisition pour en admirer les détails, renforce l’immersion d’une manière spectaculaire.
Mais cette liberté a un revers : la maniabilité. Si la conduite des gros engins – tracteurs, moissonneuses, ensileuses – offre une « prise en main idéale » avec une sensation de poids et d’inertie très satisfaisante, il en va tout autrement pour les petits véhicules. Conduire la voiture de ferme ou le pick-up pour aller d’un point A à un point B révèle une physique parfois capricieuse, voire « horrible » en termes de latence. On a parfois l’impression de glisser sur du verglas alors qu’on est sur du bitume sec. C’est un paradoxe frustrant : on prend un pied monumental à manœuvrer un engin de 15 tonnes au millimètre près pour atteler une remorque, mais on peste dès qu’il faut faire un créneau avec la voiture du fermier.
Contenu : L’abondance qui donne le vertige
Là où Giants Software ne s’est pas moqué des joueurs, c’est sur le contenu. Le terme « Signature Edition » n’est pas qu’un argument marketing. Nous avons accès d’emblée à plus de 400 machines authentiques. C’est colossal. Le point d’orgue de cette édition est sans conteste l’ajout du Mercedes-Benz Trucks Pack. Piloter un Unimog ou un MB-trac sur Switch procure un plaisir de puriste difficile à décrire. Ces véhicules ne sont pas juste des skins ; ils ont leurs propres caractéristiques, leur propre sonorité, et leur propre comportement physique.
La diversité des activités est telle qu’on peut littéralement passer sa vie dans le jeu. Outre les classiques céréales, cette édition met l’accent sur les saisons qui passent, influençant directement vos récoltes, et sur l’élevage. Les animaux sont présents et demandent une attention constante. J’ai passé un après-midi entier, bien calé dans mon canapé, à gérer mes écuries et à faire des promenades à cheval. C’est une activité annexe, certes, mais qui montre la richesse de cet univers : on n’est pas obligé de passer son temps dans un tracteur. On peut vivre la vie de fermier dans sa globalité. Les contrats proposés par les voisins IA sont aussi un excellent moyen de « passer le temps » et de renflouer les caisses quand nos propres champs ne sont pas encore mûrs, offrant une boucle de gameplay infinie.
L’accessibilité : Le mur de briques pour les débutants
C’est ici que le bât blesse, et sévèrement. Si vous êtes un vétéran de la série, vous serez en terrain connu. Mais si vous êtes un nouveau venu attiré par la hype de la Switch 2, préparez-vous à souffrir. Le jeu souffre d’une absence criante de « vrai et long tutoriel ». On est lâché dans les pâturages « sans trop savoir quoi faire ». Les menus sont denses, remplis de tableaux, de statistiques et d’options que le jeu n’explique qu’à moitié via des textes à lire indigestes.
J’ai vu des joueurs débutants être « clairement effrayés » face à la complexité de la gestion des sols. Faut-il passer la chaux ? Quand ? Pourquoi mon rendement est-il faible ? Le jeu ne vous le dit pas clairement. Il faut expérimenter, échouer, ou aller chercher des guides sur internet. C’est dommage, car cela crée une barrière à l’entrée artificielle pour un titre qui, par ailleurs, se veut relaxant. On passe les premières heures non pas à jouer, mais à essayer de comprendre pourquoi l’ouvrier IA refuse de labourer ce fichu champ en forme de haricot.
L’expérience portable : Une technique en demi-teinte
Le test ultime pour cette version Switch 2 était évidemment le mode portable. Nintendo-Town a soulevé un point crucial : c’est « techniquement pas au top » dès qu’on sort la console du dock. Si l’écran de la Switch 2 flatte la rétine, la résolution baisse visiblement pour maintenir les 30 images par seconde. On note aussi quelques lenteurs dans l’affichage des menus ou lors du chargement de la boutique, qui contient pourtant des centaines de modèles 3D à afficher.
Les temps de chargement, bien que réduits par rapport à la génération précédente, restent présents. Lancer sa partie demande un peu de patience. Ce n’est pas rédhibitoire, mais cela casse parfois le rythme d’une session courte dans les transports. Cependant, ne boudons pas notre plaisir : avoir une telle profondeur de simulation, avec la gestion physique de la terre, la météo dynamique et une distance d’affichage correcte, au creux des mains, reste une prouesse. C’est imparfait, ça « gratte » un peu aux entournures, mais ça fonctionne.
Farming Simulator Signature Edition justifie-t-il l’achat d’une Switch 2 ?
Si vous êtes fan de la licence, oui, sans hésiter. C’est la première fois qu’une console portable propose la « vraie » version du jeu et non une version mobile adaptée. La puissance de la Switch 2 permet d’avoir les mêmes modèles 3D et la même physique que sur PC, même si le framerate est limité à 30 FPS. Pour un joueur nomade, c’est une révolution.
Le contenu de la Signature Edition est-il suffisant sans DLC ?
Absolument, c’est même son point fort majeur. Avec plus de 400 véhicules disponibles dès le lancement, incluant le fameux pack Mercedes-Benz (Unimog, MB-trac), et plusieurs cartes (dont celle inspirée de l’Europe centrale), la durée de vie est « quasi infinie ». Vous n’aurez pas besoin de repasser à la caisse avant des centaines d’heures de jeu.
Peut-on jouer en multijoueur sur cette version Switch 2 ?
Les informations sont contrastées sur ce point. Si le multijoueur local est bien présent, l’expérience en ligne semble limitée par rapport aux versions PC/Next-Gen. Certains tests soulignent l’absence de serveurs dédiés robustes ou de cross-play total avec les versions PC, ce qui peut isoler la communauté Switch 2. C’est avant tout une expérience pensée pour le solo ou le local.
Pourquoi le jeu est-il déconseillé aux grands débutants ?
Le manque de pédagogie est le gros point noir du titre. Il n’y a pas de tutoriel scénarisé complet pour vous apprendre les subtilités de l’agriculture moderne (pH du sol, rotation des cultures, chaînes de production). Un joueur novice risque de se sentir perdu face à l’austérité des menus et au manque de direction claire au début de la partie.
Questions Fréquentes (FAQ)
Quelle est la différence graphique entre le mode docké et portable ?
Le mode docké (sur TV) est plus propre et plus lisible, bénéficiant d’une meilleure résolution. Le mode portable souffre d’une résolution inférieure et d’un rendu parfois un peu flou sur les objets lointains, bien que cela reste jouable.
Y a-t-il des temps de chargement longs ?
Oui, le chargement initial de la carte peut être long, et l’ouverture de certains menus riches en modèles 3D (comme le concessionnaire) peut occasionner de légers ralentissements ou « lenteurs » notés dans les tests.
Peut-on installer des mods sur cette version ?
L’intégration des mods reste limitée par rapport au PC. Si un « ModHub » existe, il est soumis aux restrictions de Nintendo et ne permet pas l’installation de scripts complexes modifiant le gameplay (comme le GPS avancé ou le Courseplay).
Le jeu tourne-t-il à 60 FPS sur Switch 2 ?
Non, le jeu cible un 30 FPS stable. C’est un choix technique pour privilégier la qualité des textures et la complexité de la physique plutôt que la fluidité absolue.
Notre verdict final sur Farming Simulator Signature Edition (Switch 2)
Farming Simulator Signature Edition sur Switch 2 est un titre paradoxal : c’est à la fois le meilleur épisode portable jamais sorti et une expérience qui montre encore les limites du hardware face à une simulation aussi dense. « Enfin crédible » pour reprendre les mots d’IGN, le jeu impressionne par sa richesse (400 machines, saisons, animaux) et sa physique globalement respectée.
Cependant, l’absence de 60 FPS, les errances de la maniabilité sur les petits véhicules et surtout l’hostilité envers les débutants (manque de tuto) l’empêchent d’atteindre l’excellence. C’est un jeu « quitte ou double » : les passionnés lui pardonneront tout pour le plaisir de moissonner dans le train, les autres risquent de rester sur le bord de la route.
Les points forts (+) :
- Une richesse de contenu inouïe (400 machines, dont le pack Mercedes).
- Graphismes enfin « crédibles » et détaillés grâce au DLSS.
- Liberté totale de mouvement (à pied, à la nage, à cheval).
- Durée de vie infinie pour qui accroche au concept.
Les points faibles (-) :
- Bloqué à 30 FPS, avec quelques saccades d’animation.
- Pas de vrai tutoriel : très difficile pour les néophytes.
- Maniabilité « horrible » sur les petits véhicules (latence).
- Techniquement moins convaincant en mode portable qu’en docké.
Note EssentielActu : 68/100
« Une version crédible et généreuse qui ravira les fans nomades, à condition d’accepter ses compromis techniques et son austérité d’accueil. »




