Test Onimusha : Way of the Sword, la lame qui devait réveiller Capcom l’a fait

Genre : Action / Hack’n slash — Développeur & Éditeur : Capcom — Moteur : RE Engine — Supports : PC, PS5, Xbox Series, Nintendo Switch 2 — Sortie : 4 septembre 2026


Vingt ans. C’est le temps qu’aura mis Capcom pour ressortir Onimusha de son sommeil, depuis Dawn of Dreams en 2006. Une éternité à l’échelle du jeu vidéo, où la licence a fini par devenir une madeleine de Proust pour toute une génération plutôt qu’une saga active. Lancée en 2001 sur PS2 dans le sillage direct de Resident Evil, dont elle reprenait certains codes de mise en scène et de caméra fixe avant de les faire évoluer vers un pur jeu d’action au sabre, la série avait connu son heure de gloire avec une petite dizaine d’épisodes et de spin-offs jusqu’au milieu des années 2000, avant de disparaître des radars. Seul un remaster du deuxième épisode était venu, ces dernières années, rappeler que la licence existait encore quelque part dans les cartons de Capcom.

Annoncé lors d’un State of Play en février 2025 puis confirmé en mouvement au Summer Game Fest de la même année, Way of the Sword avait déjà de quoi faire saliver les nostalgiques, quitte à intimider une partie du public lors des premières prises en main. Reste à savoir si Capcom, qui aligne les sans-faute depuis Resident Evil : Requiem ou Pragmata et qui referme une année 2026 particulièrement dense en sorties majeures, a réussi à raviver la flamme sans la brûler au passage. Verdict : c’est un oui franc et massif du côté de la presse spécialisée, avec quelques bémols qu’il serait malhonnête de balayer d’un revers de sabre.

Musashi contre les Genmas : un scénario prétexte, une ambiance qui claque

L’histoire s’inspire librement de la figure de Musashi Miyamoto, plongé dans un Kyoto de l’époque Edo envahi par les Genmas, des créatures démoniaques qui menacent le Japon féodal. Pour leur faire face, le héros s’arme du pouvoir des Oni, esprits protecteurs déjà familiers aux vétérans de la saga. Le scénario reste secondaire, on n’est pas là pour un cours d’histoire, mais pour croiser le fer, même si l’aventure ménage volontiers des respirations narratives entre deux traversées de couloirs grouillants de monstruosités, où l’on sent Capcom particulièrement inspiré côté design d’ennemis nauséabonds.

Précisons d’emblée que le titre se révèle particulièrement graphique dans sa violence, entre décapitations et membres tranchés à la chaîne : de quoi ravir les amateurs de sensations fortes, mais clairement à réserver à un public averti.

Un système de combat qui remet Capcom sur le piédestal

C’est là que le jeu frappe fort, et tous les tests s’accordent sur ce point : le système de combat est d’une précision chirurgicale. Fini les enchaînements frénétiques à répétition, place à l’observation, au timing des parades et au bon moment pour placer sa riposte, dans un registre qui n’est pas sans rappeler du Sekiro, référence citée par plusieurs testeurs. Les animations impressionnent, la caméra tient bon même dans le feu de l’action, un exploit suffisamment rare dans le genre pour être souligné, et chaque duel procure des sensations décrites comme viscérales et grisantes.

Le revers de cette exigence : un écart de difficulté assez brutal entre les affrontements de patrouille classiques et les combats de boss, ces derniers demandant une vraie maîtrise du système de parade sous peine de revoir l’écran de chargement en boucle. Un choix de design qui plaira aux amateurs de challenge, mais qui pourra en décourager certains autres en cours de route. Un bémol technique est également relevé du côté de la caméra : si elle s’en sort remarquablement bien dans la plupart des situations, certains testeurs notent qu’elle peut perdre un peu de sa superbe dans les espaces les plus exigus, où le champ de vision se retrouve mécaniquement plus restreint.

Fait notable, Way of the Sword ne se contente pas de proposer un pur jeu d’action à l’ancienne : il emprunte également quelques mécaniques au light RPG, avec un système de progression qui permet de faire évoluer son personnage au fil de l’aventure. Une couche de personnalisation supplémentaire qui vient enrichir la formule sans jamais la dénaturer, et qui participe à cette sensation de renouveau évoquée par plusieurs testeurs : on retrouve bien l’ADN de la licence, mais game design en main, plus rien ne ressemble vraiment aux épisodes du début des années 2000.

Une zone semi-ouverte qui hésite entre ambition et sur-étirement

Le principal point de friction relevé par la presse concerne la structure de l’aventure. Way of the Sword délaisse le format couloir strict des anciens épisodes pour une approche plus semi-ouverte, sans pour autant sombrer dans l’open world washing ambiant, un choix salué par plusieurs testeurs, lassés de la formule à la mode. Le problème, c’est que cette liberté nouvelle s’accompagne d’une extension du contenu annexe jugée trop appuyée : activités secondaires datées, allers-retours redondants, bestiaire manquant de variété et quelques réutilisations de boss qui étirent inutilement la dernière ligne droite. Sans ces errances de rythme, plusieurs tests s’accordent à dire que le jeu aurait pu tutoyer la perfection.

Il faut néanmoins nuancer ce reproche : l’aventure ne bascule jamais dans le simple enchaînement de boss sans respiration. Entre deux traversées de couloirs oppressants peuplés de créatures toujours plus répugnantes, Capcom ménage volontiers des pauses narratives bienvenues et quelques énigmes environnementales qui, elles, ne sont jamais pointées du doigt pour leur manque d’inspiration. La tension globale de l’aventure ne retombe quasiment jamais, et l’équilibre entre l’ivresse des duels et une exploration plus contemplative reste globalement maîtrisé jusqu’au générique de fin — un exercice d’équilibriste dont Capcom se sort visiblement mieux que la plupart de ses concurrents sur des productions comparables.

Un écrin technique et sonore à la hauteur

Le RE Engine fait une nouvelle fois des merveilles sur la reconstitution d’un Kyoto féodal à la beauté aussi vénéneuse qu’oppressante, plongé dans une ambiance résolument sombre qui tranche avec la lisibilité chirurgicale des combats. Sur PC, la prestation est également saluée, portée par ce moteur maison que Capcom maîtrise désormais sur le bout des doigts après l’avoir éprouvé sur la quasi-totalité de son catalogue récent, de Resident Evil à Dragon’s Dogma 2. Un détail appréciable relevé par un testeur ayant complété le jeu sur PC : malgré sa gourmandise visuelle évidente, le titre reste étonnamment léger à installer, loin des poids monstrueux auxquels les productions AAA nous ont habitués ces dernières années.

Sur Switch 2, la prestation technique est même particulièrement solide compte tenu de la puissance de la machine, avec une fluidité maintenue aussi bien en mode docké qu’en nomade, sans bug ni ralentissement notable — une performance qui n’était pas gagnée d’avance pour un titre aussi exigeant visuellement sur le reste des supports. Côté son, le doublage français est unanimement salué pour sa qualité et sa richesse, un point suffisamment rare pour être noté, tout comme le travail sonore global qui accompagne parfaitement la tension des duels et l’atmosphère oppressante des environnements traversés.

Une réception critique quasi unanime

Rarement un retour de licence aura fait un tel raz-de-marée dans la presse. En France, Jeuxvideo.com lui attribue un solide 16/20, quand la version Switch 2 grimpe jusqu’à 17/20 dans le test dédié à ce portage. S2P Mag n’est pas en reste avec un 4,5/5, insistant particulièrement sur la richesse des combats et la qualité du doublage français. De l’autre côté de la Manche et de l’Atlantique, le enthousiasme est tout aussi marqué : Nintendo Life et Push Square accordent chacun un 9/10, saluant la capacité du jeu à renouveler la formule sans jamais effacer l’identité propre à la licence, tandis que Hey Poor Player et MonsterVine n’hésitent pas à dégainer la note maximale. Ce dernier média va même jusqu’à évoquer un sérieux candidat au titre de jeu de l’année, tout de suite derrière les mastodontes que sont GTA VI et le prochain Zelda, tout en reconnaissant au passage quelques soucis de caméra dans les espaces les plus resserrés.

Sur les agrégateurs, la tendance se confirme avec des moyennes jugées très encourageantes, même si certaines d’entre elles restaient encore provisoires au moment de la sortie, faute d’un nombre suffisant de tests publiés sur toutes les plateformes, Xbox en tête. Seuls les avis les plus pointilleux tempèrent l’enthousiasme général en insistant sur cette fameuse structure semi-ouverte, point de crispation quasi unique dans un océan de louanges, aux côtés de la difficulté parfois abrupte des affrontements de boss pour les joueurs les moins aguerris au genre.

Notre avis

Onimusha: Way of the Sword réussit un pari qui n’avait rien d’évident : réveiller une licence endormie depuis vingt ans sans la trahir, tout en la modernisant suffisamment pour convaincre une nouvelle génération de joueurs qui n’a, pour beaucoup, jamais posé les mains sur un épisode de la saga. Son système de combat, exigeant et spectaculaire, s’impose comme l’un des meilleurs du genre depuis longtemps, porté par une direction artistique et un écrin technique irréprochables, sur toutes les plateformes concernées, y compris une Switch 2 qui s’en sort avec les honneurs sur un jeu pourtant gourmand.

Seule la structure semi-ouverte de l’aventure, qui dilue un peu trop son excellent rythme dans du contenu annexe daté et quelques réutilisations de boss superflues, empêche le jeu de viser la perfection absolue évoquée par certains testeurs les plus enthousiastes. Il n’empêche : porté par des affrontements viscéraux et une mise en scène qui n’a rien à envier aux références du genre, Way of the Sword s’impose comme un retour en fanfare, qui confirme une fois de plus l’état de grâce traversé par Capcom ces dernières années. De quoi espérer, cette fois, ne pas devoir attendre vingt années supplémentaires avant de retrouver Musashi et ses adversaires démoniaques.

Les plus :

  • Un système de combat d’une précision et d’une exigence remarquables
  • Une direction artistique somptueuse, un Kyoto féodal magnifiquement reconstitué
  • Une caméra qui tient bon même dans le chaos des affrontements
  • Un doublage français unanimement salué
  • Une version Switch 2 techniquement irréprochable
  • Un vrai retour aux sources qui ne trahit pas l’identité de la licence

Les moins :

  • Une structure semi-ouverte qui dilue le rythme avec du contenu annexe daté
  • Un bestiaire qui manque de variété
  • Quelques réutilisations de boss vers la fin de l’aventure
  • Un écart de difficulté brutal entre affrontements classiques et boss
  • Une violence graphique qui ne s’adresse clairement pas à tous les publics

Note : 8/10