Test Rayman 30th Anniversary Edition : faut-il craquer pour cette compilation légendaire ?
Une claque de nostalgie qui ne prend pas de rides
Il y a des sons qui restent gravés dans l’ADN d’un joueur. Le bruit d’une graine qui germe, le sifflement d’un moustique géant nommé Bzzit, et surtout, ce rire cristallin de la fée Bétilla. En lançant Rayman 30th Anniversary Edition, je ne m’attendais pas à être transporté aussi violemment en 1995. Je me revois, enfant, devant le téléviseur cathodique, terrassé par la difficulté d’un jeu qui cachait derrière ses couleurs chatoyantes un véritable enfer de précision. Aujourd’hui, Ubisoft et les sorciers de Digital Eclipse nous proposent de rouvrir ce livre de contes. Ce n’est pas qu’une simple compilation, c’est une pièce de musée interactive, un hommage vibrant à l’époque où Ubisoft Montpellier n’était qu’une petite équipe menée par un certain Michel Ancel. Mais la magie opère-t-elle encore en 2026 alors que nous attendons tous de pied ferme le fameux projet Steambot ? C’est ce que nous allons voir, manette en main, à travers ce voyage au cœur de la Croisée des Rêves.
L’expérience de jeu : un héritage préservé sous cloche
Dès les premières minutes, le constat est sans appel : Rayman n’a rien perdu de sa superbe visuelle. En parcourant la Forêt des Songes, je suis frappé par la finesse des sprites originaux, ici magnifiés par un traitement HD qui respecte chaque pixel. On ne parle pas d’un lissage baveux comme on en voit trop souvent, mais d’une restitution fidèle de l’œuvre originale. On sent le poids de Rayman dans chaque saut, cette inertie si particulière qui demande un temps d’adaptation. Les premières heures sont un pur bonheur de découverte. On libère des Electoons, on admire les décors qui ressemblent à des tableaux de maître, et on se laisse bercer par la nouvelle bande-son réimaginée par Christophe Héral. C’est un choix audacieux, car les musiques originales étaient déjà cultes, mais Héral parvient à insuffler une modernité orchestrale qui donne une ampleur épique aux niveaux les plus oniriques.
Pourtant, la réalité nous rattrape vite : Rayman est un jeu difficile. Terriblement difficile. Arrivé au pays de la musique, les sauts au millimètre sur des notes glissantes font resurgir des traumatismes oubliés. C’est là que le travail de Digital Eclipse prend tout son sens. L’ajout de la fonction « Rewind » de 60 secondes est une bénédiction. Combien de fois ai-je pesté contre un pic mal placé ou un ennemi surgissant de nulle part ? Un simple appui sur la gâchette permet de remonter le temps et de corriger son erreur. C’est une béquille nécessaire pour le public moderne, même si les puristes choisiront de l’ignorer pour retrouver le frisson de la « mort subite » qui nous forçait à recommencer tout le niveau après avoir perdu nos précieuses vies.
La compilation brille aussi par sa générosité. Avoir accès aux versions PlayStation, Jaguar, DOS et même aux versions portables (GBC et GBA) est un régal pour les historiens du jeu vidéo. J’ai passé un temps fou à comparer les versions, à noter les différences de palettes de couleurs entre la Jaguar et la PlayStation, ou à m’extasier devant la prouesse technique que représentait la version Game Boy Color à l’époque. Mais le véritable joyau de cette édition, c’est le prototype SNES. Jouer à ce que Rayman aurait pu être si Ubisoft était resté sur la console de Nintendo est une expérience presque mystique. C’est brut, incomplet, mais on y voit déjà les prémisses d’un génie créatif qui allait conquérir le monde.
Techniquement, le titre est irréprochable sur la version PS5 et Switch testée. Les temps de chargement sont inexistants et l’interface, pensée comme un documentaire interactif, est d’une fluidité exemplaire. On passe d’un jeu à une interview vidéo de Michel Ancel ou des développeurs de l’époque avec une aisance déconcertante. Le sound design a également bénéficié d’un soin tout particulier, avec des bruitages plus nets qui ne dénaturent pas l’ambiance cartoon. On sent que ce projet a été mené par des amoureux de la licence, des gens qui ont conscience que Rayman est plus qu’une mascotte : c’est une part de l’histoire du jeu vidéo français.
En comparaison avec d’autres compilations récentes, comme la Sonic Origins ou les Ninja Turtles Cowabunga Collection, Rayman 30th Anniversary Edition se situe dans le haut du panier grâce à son contenu éditorial. On ne se contente pas de nous jeter des ROMs au visage. On nous explique pourquoi tel choix de design a été fait, on nous montre les croquis originaux, les documents de conception internes. C’est une plongée immersive qui donne une profondeur incroyable à chaque saut que l’on effectue dans le jeu. On ne joue plus seulement à Rayman, on vit son histoire.
Quel est le contenu exact de Rayman 30th Anniversary Edition ?
Rayman 30th Anniversary Edition regroupe cinq versions différentes du premier opus de 1995, incluant les versions MS-DOS, PlayStation, Atari Jaguar, Game Boy Color et Game Boy Advance. En plus de ces titres, la compilation propose plus de 120 niveaux bonus issus des extensions « Rayman Forever » et « Rayman by his Fans », ainsi qu’un prototype inédit et jouable de la version Super Nintendo (SNES). Un documentaire interactif de plus de 50 minutes, riche en interviews et documents d’archive, vient compléter cette offre pour célébrer les trois décennies du héros sans membres.
Quelles sont les nouveautés de gameplay dans cette version anniversaire ?
Les principales nouveautés de gameplay de Rayman 30th Anniversary Edition sont l’introduction d’une fonction de rembobinage (rewind) de 60 secondes et l’ajout de modes de difficulté ajustables. Les joueurs peuvent désormais activer des vies infinies, une invincibilité optionnelle ou débloquer tous les niveaux dès le départ pour une expérience plus accessible. Ces outils de confort moderne permettent de pallier la difficulté légendaire du jeu original tout en conservant l’intégrité du level design de 1995.
Sur quelles plateformes peut-on jouer à Rayman 30th Anniversary Edition ?
Le jeu est disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X/S, Nintendo Switch et PC via Steam et l’Ubisoft Store depuis le 13 février 2026. Une version optimisée pour la Nintendo Switch 2 est également disponible, offrant une résolution supérieure pour le contenu documentaire et une fluidité accrue. Les collectionneurs peuvent également se tourner vers une édition physique limitée incluant des bonus tels qu’un poster recto-verso et des autocollants exclusifs.
FAQ sur Rayman 30th Anniversary Edition
Est-ce que Rayman 2 et Rayman 3 sont inclus dans la compilation ?
Non, cette édition anniversaire se concentre exclusivement sur le premier épisode et ses différentes déclinaisons portables et PC. Cependant, Ubisoft a laissé entendre que des projets concernant les épisodes 3D pourraient voir le jour prochainement.
Le jeu est-il doublé en français ?
Bien que l’interface et les sous-titres du documentaire soient intégralement en français, certaines versions du jeu incluses (comme la version Jaguar ou DOS) ne proposent que peu de dialogues. La version PlayStation conserve ses voix originales, mais les fans regrettent l’absence de certains doublages spécifiques à la version française d’époque dans toutes les versions émulées.
Peut-on jouer avec les graphismes originaux sans filtre ?
Oui, Digital Eclipse propose plusieurs options d’affichage, allant du pixel perfect sans aucun filtre aux options de lissage HD, en passant par des filtres CRT pour simuler l’écran d’une télévision ancienne.
Notre verdict final
Rayman 30th Anniversary Edition est bien plus qu’une simple machine à remonter le temps. C’est une lettre d’amour adressée aux fans de la première heure et une porte d’entrée idéale pour la nouvelle génération. Si la difficulté d’époque peut encore faire grincer des dents, les options de confort moderne et la richesse du contenu documentaire transforment ce qui aurait pu être un simple portage en une expérience culturelle indispensable. On en ressort avec une seule envie : voir ce que l’avenir réserve à notre héros, car après trente ans, Rayman n’a jamais semblé aussi vivant.
Note : 88 %
Une célébration magistrale qui prouve que le génie de 1995 n’a pas pris une ride, à condition d’accepter d’être un peu aidé par le rembobinage.






