Test Ride 6 : Entre festival mécanique et simulation pure, Milestone passe la sixième
L’ambition du « Gran Turismo de la moto »
On ne présente plus Milestone. En l’espace de dix ans, le studio milanais est devenu le gardien du temple des deux-roues, enchaînant les licences avec une régularité de métronome. Mais avec Ride 6, l’enjeu est différent. Après un cinquième opus jugé parfois trop sage et froid par la communauté, les développeurs nous ont promis l’épisode le plus complet et le plus varié de l’histoire de la saga. Grâce aux versions fournies par Plaion et l’éditeur, nous avons pu essorer la poignée de gaz sur plus de 40 tracés. Entre le passage définitif à la nouvelle génération et l’introduction d’un mode carrière aux airs de festival, Ride 6 a-t-il les arguments pour s’imposer comme la simulation ultime ? Enfilez votre cuir, on fait chauffer la gomme.
Technique et contenu : Le saut vers l’Unreal Engine 5
La première claque est visuelle. En abandonnant les anciennes consoles (PS4/Xbox One), Ride 6 embrasse pleinement l’Unreal Engine 5. Le résultat est flagrant : les modélisations des machines frôlent le photoréalisme, avec des effets de lumière saisissants, notamment sur le tracé de Gunma. On sent chaque détail des matériaux, du carbone aux échappements chauffés à blanc. Seul bémol technique persistant : la modélisation des visages des pilotes, qui semble encore bloquée deux générations en arrière. Mais une fois en piste, l’immersion est sauvée par un sound design aux petits oignons où chaque moteur ronronne de manière distinctive.
Côté contenu, Milestone a entendu les critiques. Ride 6 est gargantuesque. Avec plus de 300 motos au lancement (et 340 prévues à terme), le jeu ratisse large : Supersport, Naked, Supermotard, Bagger, Maxi Enduro, et même des scooters. Cette diversité impose de réapprendre à piloter à chaque changement de catégorie, tant l’inertie d’une énorme Indian Bagger diffère de la nervosité d’un trail. Le tout nouveau mode carrière, le Ride Fest, délaisse la progression linéaire pour un système de « tuiles » thématiques plus souple, où l’on affronte des légendes comme Casey Stoner ou Guy Martin. L’ambiance se veut festive (confettis et musique électro), même si l’on regrette une narration un peu trop silencieuse et des menus au design bleuté parfois trop simplistes.
En piste, Ride 6 réussit un grand écart inédit en proposant, dès les premières minutes, de choisir son modèle de physique. Le titre introduit une configuration Arcade très permissive, idéale pour ceux qui veulent enchaîner les virages sans craindre la chute à chaque freinage trop optimiste. À l’opposé, le modèle Pro reste le cœur battant de la simulation Milestone : les transferts de masse y sont plus fluides mais aussi plus punitifs, tandis que le pilotage sous la pluie devient un véritable exercice de haute voltige technique. Cette flexibilité permet enfin à la série de s’ouvrir aux néophytes sans trahir les puristes de la trajectoire millimétrée. »
L’arrivée de la Bridgestone Riding School est une bénédiction : ce tutoriel complet permet enfin d’apprendre les bases de la trajectoire et de la gestion électronique (TCS, ABS) avec des explications vocales claires. Si l’IA adaptative souffle parfois le chaud et le froid, le plaisir de négocier un virage en S avec un timing parfait reste inégalé. Ride 6 n’est pas qu’un jeu de course, c’est une véritable encyclopédie interactive du deux-roues.
Quelles sont les nouvelles catégories de motos dans Ride 6 ?
Ride 6 élargit considérablement son garage avec sept catégories principales. En plus des sportives classiques, on retrouve désormais des Supermotards, des Baggers (motos de route massives avec sacoches), des Maxi Enduros pour le tout-terrain, et même des scooters. Au total, plus de 300 modèles sont disponibles dès la sortie pour varier les sensations de pilotage.
Comment fonctionne le mode carrière Ride Fest ?
Le mode Ride Fest remplace la carrière traditionnelle par une structure plus souple inspirée de jeux comme Wreckfest. Les joueurs débloquent des chapitres thématiques en gagnant des étoiles. Ce mode met l’accent sur la diversité en forçant le joueur à alterner entre différentes disciplines et à affronter des « boss » légendaires comme Casey Stoner dans des défis spécifiques.
Ride 6 propose-t-il des aides pour les débutants ?
Oui, Ride 6 introduit un mode Arcade dédié qui active automatiquement de nombreuses aides à la conduite. De plus, le mode Bridgestone Riding School sert de tutoriel complet (permis) pour apprendre à maîtriser les trajectoires, le freinage et les aides électroniques, rendant le jeu accessible même à ceux qui n’ont jamais touché à une simulation moto.
FAQ : L’essentiel sur Ride 6
Le jeu est-il fluide sur consoles ?
Grâce à l’abandon de l’ancienne génération, Ride 6 tourne de manière très fluide sur PS5 et Xbox Series, avec des effets de météo dynamique et de lumière particulièrement impressionnants.
Peut-on jouer à deux sur le même écran ?
Oui, Ride 6 conserve un mode écran scindé (split-screen), ce qui permet de s’affronter localement, une fonctionnalité très appréciée par la communauté.
Le multijoueur est-il cross-play ?
Absolument. Les joueurs PC, Xbox et PlayStation peuvent désormais s’affronter dans les mêmes salons en ligne, ce qui facilite grandement la recherche de parties.
Notre verdict final
Ride 6 est assurément l’épisode le plus abouti de la saga Milestone. En misant sur un contenu colossal et un gameplay plus ouvert, il réussit à séduire aussi bien les néophytes que les mordus de simulation. On pourra pester contre une narration un peu vide et des visages de pilotes datés, mais le plaisir au guidon est tel qu’on finit par enchaîner les courses sans voir le temps passer. Un incontournable pour tout fan de sports mécaniques.
Note : 85 %
Une encyclopédie mécanique généreuse qui profite enfin de la puissance des nouvelles consoles pour offrir des sensations de pilotage exceptionnelles.




