Test The 9th Channel : l’horreur VHS qui va vous faire détester les balades en forêt

Test The 9th Channel : Trente ans après Blair Witch, le Found Footage peut-il encore nous glacer le sang ?

Une cassette retrouvée, un destin scellé

Il y a quelque chose de viscéralement dérangeant dans le grain d’une vieille bande VHS. Ce flou, ces lignes de scan qui déchirent l’image, ce sentiment que ce que nous regardons n’aurait jamais dû sortir de l’ombre. En lançant The 9th Channel, j’ai immédiatement été replongé dans cette angoisse primitive, celle que j’avais ressentie en découvrant Le Projet Blair Witch sur une cassette pirate à la fin des années 90. Le pitch est d’une simplicité désarmante : vous êtes caméraman pour une équipe de reportage envoyée dans une zone rurale isolée pour enquêter sur des phénomènes inexpliqués. Mais très vite, la caméra devient votre seule fenêtre sur un monde qui ne veut pas de vous. Ici, pas de fusils à pompe ni de super-pouvoirs, juste le silence de la forêt, le souffle court de votre personnage et cette certitude : vous n’êtes pas seul entre les arbres.

L’art de la tension : quand le silence devient une arme

Ce qui frappe dès les premières minutes de jeu, c’est le minimalisme. The 9th Channel ne cherche pas à vous épater avec des textures photoréalistes de dernière génération. Au contraire, il utilise son esthétique « basse définition » pour jouer avec votre imagination. On scrute chaque buisson, chaque ombre portée par votre lampe torche, persuadé d’y voir une silhouette. Le rythme est volontairement lent, pesant. On marche, on installe du matériel, on écoute. C’est dans cette attente que le jeu excelle. Contrairement aux productions horrifiques actuelles qui saturent l’écran de sang et de cris, ce titre mise tout sur la paranoïa. On se surprend à s’arrêter tous les trois pas pour vérifier si ce craquement de branche venait du jeu ou de notre propre salon.

Le sound design est le véritable chef d’orchestre de ce cauchemar. Le vent qui siffle entre les pins, le bourdonnement sourd de la caméra, les bruits de pas qui semblent parfois avoir un léger écho… tout est conçu pour vous faire perdre vos repères. Manette en main, la lourdeur du personnage renforce ce sentiment d’impuissance. On n’incarne pas un héros, mais une victime potentielle. La progression est linéaire, certes, mais elle est parsemée de moments de pure terreur psychologique où le jeu s’amuse à briser le quatrième mur ou à modifier subtilement votre environnement dès que vous tournez le dos. C’est brillant, cruel et terriblement efficace.

Techniquement, le jeu assume ses influences « Chilla’s Art » ou « Puppet Combo », mais avec une touche slave plus brute, plus froide. La forêt n’est pas accueillante, elle est grise, immense et étouffante. Les quelques interactions avec le reste de l’équipe de tournage ne font que renforcer l’isolement : on sent que le groupe se délite, que la peur gagne tout le monde. C’est là que The 9th Channel fait mieux que ses concurrents : il raconte une décomposition, celle d’une mission qui vire au drame sans jamais en faire trop. On regrettera peut-être une durée de vie un peu courte, bouclée en moins de deux heures, mais l’intensité est telle qu’on en ressort rincé, avec une seule envie : rallumer toutes les lumières de la maison.

Quel est le concept de gameplay de The 9th Channel ?

The 9th Channel est un jeu d’horreur à la première personne de type « Found Footage ». Le joueur incarne un caméraman dont l’objectif est de filmer une enquête paranormale en milieu rural. Le gameplay repose sur l’exploration, l’observation et la gestion de la peur, utilisant un filtre visuel VHS et un sound design immersif pour créer une tension constante sans dépendre uniquement des jumpscares traditionnels.

Combien de temps faut-il pour terminer The 9th Channel ?

La durée de vie de The 9th Channel est estimée entre 1h30 et 2 heures pour une première partie. C’est une expérience volontairement courte et intense, pensée pour être vécue d’une seule traite, à l’image d’un film d’horreur indépendant. Cette brièveté permet de maintenir une atmosphère oppressante sans lasser le joueur avec des mécaniques répétitives.

The 9th Channel est-il disponible sur consoles PS5 et Xbox ?

Actuellement, The 9th Channel est principalement disponible sur PC via la plateforme Steam. Bien que les jeux d’horreur de ce style (Lo-Fi / VHS) soient de plus en plus portés sur PlayStation 5, Xbox Series et Nintendo Switch par des éditeurs spécialisés, aucune annonce officielle n’a encore confirmé de date de sortie pour les versions consoles à ce jour.

FAQ : Prêt pour le grand frisson ?

Le jeu contient-il beaucoup de jumpscares ?

Le titre privilégie l’ambiance et l’angoisse psychologique. S’il existe quelques moments de sursaut, ils sont bien amenés et ne constituent pas le cœur de l’expérience, qui mise davantage sur le malaise durable.

Faut-il une grosse configuration PC pour y jouer ?

Non, son esthétique rétro et ses graphismes volontairement dégradés le rendent accessible à la plupart des configurations, même les plus modestes. C’est l’avantage du style Lo-Fi.

Est-ce que le jeu est traduit en français ?

Le jeu propose généralement des sous-titres en français, ce qui est essentiel pour suivre les dialogues de l’équipe de tournage et les indices trouvés dans l’environnement.

Notre verdict final

The 9th Channel est une pépite pour les amateurs d’horreur « sale » et authentique. Il ne révolutionne pas le genre, mais il en maîtrise tous les codes avec une précision chirurgicale. C’est un hommage vibrant au Found Footage qui réussit à transformer une simple balade en forêt en un cauchemar dont on se souvient longtemps après avoir éteint l’écran. Si vous cherchez une expérience courte, intense et viscérale, c’est le reportage qu’il ne faut pas rater.

Note : 82 %

Une plongée suffocante dans l’horreur VHS qui prouve que ce qu’on ne voit pas est souvent bien plus terrifiant que ce qu’on nous montre.