Notre avis sur The G-Lab Keyz Elite 300 Matcha : le clavier qui a troqué le sabre laser contre une tasse de thé
Certains claviers hurlent « gaming » dès qu’on ouvre la boîte, avec des LED qui clignotent comme un sapin de Noël sous caféine. Le Keyz Elite 300 Matcha, lui, débarque avec la sérénité d’un maître Jedi en pause thé. Châssis crème, keycaps vertes, format compact, fiche technique costaude pour 89,99 € : The G-Lab, marque française née en 2016, veut prouver qu’un clavier mécanique peut être beau, malin et accessible. Voici le verdict, couche par couche, comme un ogre.
Le Matcha : plus crème que vert, et c’est tant mieux
Pendant dix ans, le périphérique gaming a vécu dans une palette de bunker : noir, noir mat, noir à reflets rouges, et blanc pour les audacieux. Puis la scène des claviers mécaniques a explosé, avec ses bureaux de film d’animation japonais : plantes, lampes chaudes, claviers pastel. The G-Lab surfe sur cette vague avec deux coloris inspirés des boissons du moment : le Matcha pour le Keyz Elite 300 testé ici, et le Café, crème et brun, pour le Keyz Elite 400.
Précision importante : le Matcha n’est pas un clavier tout vert. Le châssis est crème, les keycaps alternent blanc, vert tendre et vert profond (Échap, Entrée, barre d’espace et flèches), et le bas du boîtier prend une teinte vert clair. L’ensemble évoque un latte matcha au lait végétal plus qu’un Hulk en colère : doux, lumineux, facile à marier avec du bois clair, une lampe chaude et une plante qui n’a rien demandé.
L’intention de la marque est claire : un clavier qu’on n’a pas envie de cacher dans un tiroir quand des amis passent à la maison, aussi à l’aise sur un bureau de télétravail que sur un setup gaming.
La fiche technique
- Format : 75 %, 83 touches, AZERTY
- Structure : gasket à 5 couches
- Switchs : KTT Wine Red, linéaires, pré-lubrifiés, hot-swappable (3 et 5 broches)
- Spécifications des switchs : pré-course 2 mm, force d’actionnement 43 g, force de fin de course 55 g, durée de vie 80 millions de frappes
- Keycaps : PBT double injection
- Connectivité : 2,4 GHz, Bluetooth, USB-C filaire (câble de 1,6 m)
- Performances : 1 000 Hz, latence annoncée sous la milliseconde, NKRO 100 %
- Commandes : molette multimédia et 12 raccourcis multimédias
- Éclairage : RGB sous les touches et sur les côtés, couleur par touche via le logiciel
- Batterie : 4 000 mAh, 200 h sans RGB, 30 h avec, veille automatique après 1 minute, charge en 7 h
- Compatibilité : Windows et Mac
- Dimensions : 337 × 143 × 42 mm
- Prix : 89,99 €, disponible mi-novembre sur le site de la marque et chez ses revendeurs
Pour moins de 90 €, la liste ressemble à celle de claviers nettement plus chers. Reste à voir si chaque ligne tient la route.
Design et prise en main
Le 75 %, compromis du siècle
Keyz Elite 300, un clavier complet, c’est le Gandalf des claviers : imposant et un peu envahissant. Un 60 %, c’est Dark Souls à une seule main. Le 75 % se place au milieu : le pavé numérique disparaît, mais la rangée de fonctions, les flèches et un petit bloc de navigation (Ins, Fin, PgUp, PgDn) restent présents. Sans pavé numérique, la souris se rapproche et le bras se déplace moins. En FPS comme Counter-Strike ou Valorant, on gagne de la place pour balayer le tapis. En télétravail, on récupère des centimètres sur un bureau déjà colonisé par un laptop et une tasse (de matcha, forcément).
Le prix à payer est évident : si ton quotidien, c’est Excel et des colonnes de chiffres, ce format n’est pas pour toi. Pour tous les autres, on s’y fait vite, comme on s’est fait au fait que Gandalf n’a jamais eu de Pokémon. Pour garder un pavé numérique dans un coloris voisin, The G-Lab propose le Keyz Elite 400 Café, un 96 % de 98 touches à 99,99 €.
Une molette, 12 raccourcis, et du poids
Dans le coin supérieur droit, une molette multimédia gère le volume et la lecture, complétée par 12 raccourcis multimédias. C’est le genre de détail dont on ne sait plus se passer une fois adopté, notamment pour couper le son d’un appel ou changer de morceau sans quitter sa partie. Trois petites LED d’état (Caps, Win, batterie) se glissent à côté du bloc de navigation.
Côté poids, la fiche est contradictoire : 880 g dans le texte commercial, 1,001 kg dans le tableau des dimensions. Dans tous les cas, on est sur un clavier solide, pensé pour rester en place sur un bureau plutôt que pour voyager, ce que confirment les testeurs qui ont eu la version standard entre les mains. Le RGB court sous les touches et sur les côtés, sans tomber dans l’excès, ce qui colle bien à l’ambiance Matcha.
Seul détail qui détonne chez Begeek : le dongle USB 2,4 GHz fourni ne porte aucun marquage The G-Lab et ressemble à un récepteur générique. Rien de fonctionnel, mais sur un produit qui veut monter en gamme, un logo aurait été sympa.
La frappe : le cœur du sujet
Gasket à 5 couches : l’oignon de Shrek, version clavier Keyz Elite 300
Dans un clavier classique, la plaque qui porte les switchs est vissée au boîtier. Chaque frappe se transmet à toute la structure, avec vibrations et ce « ping » creux que les connaisseurs détestent. Le montage gasket suspend la plaque sur des joints souples. L’ensemble flotte légèrement, la frappe est plus amortie, le son plus étouffé. C’est la différence entre taper sur une dalle de béton et sur un matelas de mousse bien pensé.
The G-Lab annonce 5 couches pour une meilleure isolation des vibrations, une frappe plus douce, moins de bruit et plus de confort. La composition exacte des couches n’est pas détaillée, mais le principe est connu : empiler des matériaux qui absorbent les vibrations et affinent l’acoustique, comme on traite une pièce avec différents panneaux. Comme chez Shrek, les ogres ont des couches, et les bons claviers aussi. Begeek juge d’ailleurs que cette construction, combinée à la pré-lubrification, offre une base plus maîtrisée qu’un clavier mécanique sans amortissement.
KTT Wine Red : la glisse en chiffres
Il existe trois familles de switchs. Les tactiles proposent une petite bosse à l’actionnement. Les clicky ajoutent un clic sonore, jouissif mais peu apprécié en open space. Les linéaires offrent une course lisse du début à la fin. C’est le choix ici, avec des KTT Wine Red, et les chiffres de la fiche dessinent un profil équilibré :
- Pré-course de 2 mm : le switch s’actionne tôt, ce qui favorise la réactivité.
- Force d’actionnement de 43 g : léger sans être fuyant, ni speed ultra-léger ni lourd comme un linéaire d’ancienne génération.
- Force de fin de course de 55 g : le ressort offre un peu de retenue en fond de course.
- 80 millions de frappes : de quoi voir passer plusieurs claviers.
Ce profil convient bien aux enchaînements rapides, comme dans un Mario Kart où l’on dérape sans jamais toucher la bordure, mais aussi à la frappe de texte pour qui aime les sensations douces. Begeek attribue d’ailleurs 9/10 à la qualité de frappe, en précisant que le clavier ne donne jamais l’impression d’un mécanique au rabais.
Pré-lubrifiés et hot-swappable : le luxe d’usine et le terrain de jeu
Lubrifier soi-même un 83 touches, c’est 83 sessions de patience dignes d’un moine bouddhiste ou d’un joueur d’Animal Crossing en pleine pêche au poisson rare. Ici, c’est fait d’usine : moins de frottements, une course plus régulière et un son plus propre.
Le hot-swap permet de remplacer les switchs sans soudure : on tire avec un extracteur, on enfonce un autre switch, et c’est terminé. C’est le Link de Zelda qui change d’équipement selon la situation. Bonne nouvelle pour les curieux : la fiche indique une compatibilité 3 et 5 broches, donc le choix de switchs de remplacement est très large. Tu peux tester des tactiles pour le bureau, des linéaires plus légers ou plus lourds, ou simplement remplacer un switch défaillant.
Keycaps PBT double injection
L’ABS, très répandu, devient brillant avec l’usure : l’effet « touches grasses » des vieux claviers. Le PBT résiste mieux, offre une texture plus mate et légèrement granuleuse, et vieillit proprement. La double injection moule la légende dans la masse en deux temps, ce qui empêche les lettres de s’effacer, même après des centaines d’heures de Elden Ring sur la touche W. Autre bonus : la lumière du RGB traverse les légendes proprement, avec des caractères nets.
Le jeu de couleurs mérite le détour : les touches alphanumériques sont blanches, les modificateurs en vert tendre, et la barre d’espace, Entrée, Échap et les flèches en vert profond. Ce contraste donne au clavier son identité et lui évite de ressembler à un simple clavier blanc.
Connectivité : la Triforce du clavier
- Le 2,4 GHz passe par le dongle USB. C’est le mode du joueur : faible latence, aucun câble, avec un taux de rafraîchissement de 1 000 Hz et une latence annoncée sous la milliseconde.
- Le Bluetooth est le mode souple : tablette, laptop, canapé ou coworking, sans occuper un port USB.
- Le filaire USB-C, via un câble de 1,6 m, supprime tout souci de batterie et permet de recharger en continuant à jouer.
Cette polyvalence est un vrai atout. Le clavier passe du bureau au salon, d’un PC à un Mac, sans changer de matériel. L’anti-ghosting NKRO à 100 % garantit que les combos nerveux sont bien pris en compte. Au quotidien, les testeurs de la version standard décrivent un clavier qui répond bien aux sollicitations, sans caprice. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est ce qu’on demande à un clavier : qu’on l’oublie.
Le logiciel et le RGB : là où ça coince
La fiche promet un logiciel dédié, en français, pour régler le rétroéclairage et programmer des macros, avec une couleur unique par touche. Sur le papier, c’est complet : réattribution de touches, couches de fonctions FN, nombreux effets RGB (fixe, respiration, arc-en-ciel, réaction à la frappe, vagues) et même une section d’effets synchronisés avec le son du système.
C’est là que Begeek a le plus à redire. Son verdict : une interface qui évoque les logiciels de périphériques d’il y a quinze ans, des menus peu hiérarchisés, des intitulés tronqués et une traduction française approximative, avec des noms d’effets qui ressemblent à un export de fichier brut. Le test note 5/10 pour le logiciel, contre 9/10 pour la frappe. L’éclairage latéral est l’autre frustration : le testeur n’a pas trouvé de réglage indépendant pour les bandes situées sur les côtés. Des raccourcis clavier permettent de modifier leurs effets et leur luminosité, donc le contrôle existe, mais il est moins accessible qu’on ne l’aimerait.
Rien de dramatique pour qui règle son clavier une fois et passe à autre chose. Rien de glorieux non plus pour les amateurs de personnalisation poussée. Pour rester dans l’esprit Matcha, tu peux composer un dégradé de verts apaisants, ou basculer en mode Matrix pour te prendre pour Néo pendant la pause déj.
Autonomie : 200 h, ou 30 h si tu veux briller
La batterie de 4 000 mAh annonce 200 heures sans RGB et 30 heures avec, soit une autonomie divisée par plus de six dès que l’éclairage est allumé. Un tiers des chiffres circulant en ligne, 80 h et 20 h, concernent la documentation du Keyz Elite 300 standard et diffèrent de la fiche officielle de la version Matcha. Retiens donc les valeurs du Matcha, en gardant en tête qu’il s’agit de chiffres constructeur qui dépendent de la luminosité et de l’effet choisis.
Le clavier se met en veille automatiquement après une minute d’inactivité, ce qui préserve la batterie, et une charge complète prend environ 7 heures. En filaire, on peut continuer à jouer pendant la recharge. Begeek rapporte, sur la version standard, une recharge environ par semaine sans souci.
The G-Lab Keyz Elite 300 Match Pour qui ?
Le joueur compact
Linéaires de 43 g, 75 %, 2,4 GHz, 1 000 Hz et câble de secours : tout est là pour jouer avec de la place pour la souris.
Le télétravailleur qui veut du beau
Un clavier joli, une frappe annoncée comme feutrée qui évite de réveiller le chat ou le conjoint, la molette pour piloter le volume et un Bluetooth pour jongler entre un laptop pro et un PC perso.
Le curieux du mécanique
Gasket, hot-swap 3 et 5 broches, PBT : une belle porte d’entrée sans monter un kit. C’est le starter de Pokémon : une base solide qu’on fait évoluer.
Pour qui ce n’est pas fait
Ceux qui ont besoin d’un pavé numérique regarderont du côté du Keyz Elite 400 Café. Les adeptes du clic-clac bruyant s’ennuieront, et les maniaques de la personnalisation logicielle devront s’armer de patience.
Rapport qualité-prix
À 89,99 €, le Keyz Elite 300 Matcha aligne gasket, switchs KTT pré-lubrifiés hot-swappable, PBT double injection, triple connectivité, molette et RGB. Ce sont des arguments qu’on réservait il y a peu à des claviers bien plus chers. Begeek l’a noté 7/10, avec 8/10 en design et 7/10 en autonomie. Le seul bémol important est logiciel. Si tu cherches avant tout une excellente frappe et un clavier polyvalent, la facture est largement justifiée.
Points forts, points faibles
On aime sur le The G-Lab Keyz Elite 300
- Un coloris Matcha crème et vert, original et facile à intégrer dans un décor
- Une frappe douce et agréable, très au-dessus de ce qu’on attend à ce prix
- Un 75 % polyvalent, avec flèches, touches de fonction et molette multimédia
- Gasket 5 couches, KTT Wine Red pré-lubrifiés hot-swappable 3 et 5 broches, PBT double injection
- Triple connectivité, 1 000 Hz et recharge filaire
- Un tarif de 89,99 € très compétitif
On aime moins sur le clavier Keyz Elite 300
- Un logiciel daté, à la traduction approximative selon Begeek
- Des bandes RGB latérales peu accessibles dans l’application
- Un dongle sans marquage de la marque
- Une autonomie qui chute à 30 h avec le RGB
- Pas de pavé numérique, évidemment
Verdict Keyz Elite 300 : du matériel solide, un logiciel à moderniser
Le Keyz Elite 300 Matcha réussit l’essentiel : une frappe agréable, une construction qui inspire confiance, une connectivité complète, une molette bien pensée et un coloris qui change des éternels noirs. The G-Lab prouve qu’on peut proposer une expérience mécanique premium à moins de 90 €, en soignant le design autant que la fiche technique. Le logiciel mérite une refonte, mais le clavier se défend très bien sans lui.
Pour un clavier compact, joli et polyvalent, capable de passer d’une partie à une journée de télétravail sans changer de costume, c’est une proposition très sérieuse. Ça fait du bien, un peu de vert dans un monde de noir.




