Titre original : Hatchet — Réalisateurs : Adam Green, BJ McDonnell — Années : 2006-2017 — Casting : Kane Hodder, Danielle Harris, Tony Todd, Robert Englund, Tamara Feldman, Joel Moore, Zach Galligan, Caroline Williams, Sid Haig — Éditeur : ESC Films — Sortie Blu-ray/DVD : 6 mai 2026 — Prix : environ 39,99 € (DVD) / 49,99 € (Blu-ray)
Longtemps éparpillée et incomplète en France — seul le deuxième volet avait connu une sortie Blu-ray hexagonale —, la saga Butcher (Hatchet) se voit enfin réunie dans un coffret collector limité signé ESC Films. Quatre films, un fourreau généreusement illustré, et surtout des versions non censurées jusqu’ici difficiles à dénicher dans nos contrées : voilà de quoi satisfaire les amateurs de gore artisanal qui suivent depuis vingt ans les frasques du tueur des marécages de Louisiane, Victor Crowley.
Une légende du bayou en quatre actes
Le point de départ est simple et terriblement efficace : un groupe de touristes égarés dans les marais hantés de Louisiane croise la route de Victor Crowley, monstre défiguré né d’une légende locale mêlant deuil, vengeance et malédiction vaudou. Adam Green, qui signe l’écriture et la réalisation des deux premiers films avant de conserver le scénario et la production sur les suivants, construit sa saga comme un hommage assumé aux slashers des années 80, quelque part entre Vendredi 13 et Massacre à la tronçonneuse, avec un goût prononcé pour les effets spéciaux pratiques et le gore fait main plutôt que numérique.
Butcher II poursuit directement l’histoire de l’héroïne Marybeth, tandis que Butcher III, réalisé cette fois par BJ McDonnell, pousse le mythe de Victor Crowley vers une dimension presque indestructible. Victor Crowley, sorti en 2017, referme la boucle dans un quasi-huis clos autour d’un avion écrasé au cœur du bayou, retrouvant un format plus resserré après l’escalade des épisodes précédents. Tout au long de la saga, un casting solide de figures du cinéma d’horreur se relaie devant la caméra : Kane Hodder incarne Victor Crowley sur les quatre films, entouré au fil des épisodes de Tony Todd, Robert Englund, Danielle Harris, Zach Galligan, Caroline Williams ou encore Sid Haig, qui apportent chacun leur capital sympathie à une franchise qui ne s’est jamais prise complètement au sérieux.
Une image cohérente malgré des sources disparates
Techniquement, ce coffret réunit des masters d’origines et d’époques différentes, ce qui explique une image dont le rendu varie logiquement d’un film à l’autre. Les couleurs plus verdâtres et marécageuses du premier opus, les teintes plus froides du second, les ambiances nocturnes du troisième et l’éclairage plus contrasté de Victor Crowley composent malgré tout un ensemble homogène en Haute Définition, sans lissage numérique excessif : le grain reste présent, les effets gore conservent leur texture, et le niveau de détail se montre satisfaisant sur les plans rapprochés, notamment ceux mettant en valeur les maquillages de Kane Hodder.
Un son généreux, sauf une exception
Côté audio, l’ensemble du coffret propose des pistes DTS-HD Master Audio 5.1 en version française comme en version originale, à l’exception notable de la VF de Victor Crowley, disponible uniquement en DTS-HD Master Audio 2.0. Les deux langues se montrent globalement équilibrées, avec des dialogues clairs et une spatialisation qui met bien en valeur les ambiances de marécages et les scènes de mise à mort, sans qu’aucune version ne prenne franchement l’ascendant sur l’autre.
Une avalanche de suppléments, film par film
C’est certainement la grande force de ce coffret : chaque disque embarque son lot de bonus, hérités des précédentes éditions et parfois complétés. Le premier film est le mieux servi, avec un making-of d’une quarantaine de minutes, un module consacré à Victor Crowley et au numéro de Kane Hodder, un focus sur les effets gore, un retour sur la scène de meurtre la plus emblématique, un bêtisier et la bande-annonce. Butcher II propose à son tour un making-of fourni ainsi qu’un module dédié aux effets spéciaux, tandis que Butcher III se contente d’un making-of plus modeste accompagné d’un point sur les maquillages et d’un bêtisier. Le disque de Victor Crowley referme la marche avec un entretien avec Adam Green sur l’ensemble de la saga, complété par la bande-annonce. Au total, de quoi occuper largement les amateurs curieux de plonger dans les coulisses d’un tournage indépendant mené avec passion.
Notre avis
Ce coffret collector répare une injustice pour les fans français de la saga Butcher, en réunissant pour la première fois les quatre films en versions non censurées, dans un bel objet limité au fourreau bien senti. L’image, bien qu’inégale d’un film à l’autre du fait de masters différents, reste honnête et respectueuse du grain d’origine, le son fait le travail sans fausse note majeure, et les suppléments, généreux, permettent de redécouvrir l’envers du décor d’une franchise fauchée mais sincère. Un indispensable pour les amateurs de slasher gore et d’effets pratiques à l’ancienne, plus qu’un objet susceptible de convertir les réfractaires au genre.
Les plus :
- L’intégrale des 4 films réunie pour la première fois en France, en versions non censurées
- Un bel objet collector limité, avec fourreau illustré
- Des suppléments copieux sur chaque disque, film par film
- Un casting de figures cultes de l’horreur (Kane Hodder, Tony Todd, Robert Englund, Sid Haig…)
Les moins :
- Une qualité d’image inégale selon les films, tributaire de masters d’origines différentes
- La VF de Victor Crowley limitée au 2.0, contrairement aux trois autres films
- Une saga qui assume pleinement son statut de série B et ne visera pas un public élargi
- Des bonus en partie repris d’éditions DVD antérieures
Note : 7/10


