Test Monopoly Star Wars Heroes VS Villains : la Force, mais pas avec la case Parking Gratuit

Genre : Party game — Développeur : Behaviour Interactive — Éditeur : Ubisoft, en collaboration avec Lucasfilm Games et Hasbro — Supports : PC, PS5, PS5 Pro, Xbox Series, Nintendo Switch et Switch 2 — Sortie : 30 juin 2026 — Prix : environ 30 €


Il fallait bien que ça arrive un jour : après avoir arpenté Poudlard, Gotham City et même le Loto-Québec (si, si), le petit chapeau, la brouette et le fer à repasser du Monopoly posent leurs valises dans une galaxie lointaine, très lointaine. Confié à Behaviour Interactive (les petits gars derrière Dead by Daylight, excusez du peu) et édité par Ubisoft en partenariat avec Lucasfilm Games et Hasbro, Monopoly Star Wars Heroes VS Villains promettait de transformer les after-midis pluvieux en duel entre la Lumière et le Côté Obscur. Sauf qu’à en croire les premiers retours de la presse spécialisée, l’Empire n’a peut-être pas totalement contre-attaqué comme prévu.

Le casting du siècle (presque)

Vingt-huit personnages sont au programme, quatorze héros contre quatorze vilains : Luke Skywalker, Leia, Han Solo, Chewbacca, Yoda ou Ahsoka Tano d’un côté ; Dark Vador, Dark Maul, Kylo Ren, Boba Fett, Moff Gideon ou Fennec Shand de l’autre. Un casting généreux qui pioche allègrement dans les trois trilogies et les séries Disney+ — mais qui laisse un vide notable et assez cocasse : ni Mando, ni Grogu à l’horizon. Pour un jeu qui va chercher Fennec Shand jusque dans les tréfonds du calendrier de sortie de The Book of Boba Fett, l’absence du chasseur de primes le plus populaire de la dernière décennie (et de son bébé vert préféré des mèmes internet) a de quoi surprendre.

Chaque personnage embarque ses pouvoirs actifs et passifs propres, de quoi influencer déplacements, combats ou négociations sur le plateau. Certains, comme Chewbacca, semblent toutefois avoir un peu trop forcé sur le café wookiee : plusieurs testeurs pointent des déséquilibres flagrants entre personnages, certaines compositions d’équipe devenant quasiment injouables à contrer. Han Solo aurait tiré le premier sur l’équilibrage du jeu qu’on ne serait pas surpris.

Un Monopoly qui a troqué l’ennui contre le sabre laser

Sur le principe, on retrouve les fondamentaux : acheter des propriétés (ici des lieux iconiques comme Tatooine, Endor ou l’étoile de la Mort), accumuler de l’influence, ruiner ses adversaires. Mais Behaviour Interactive a eu la bonne idée de saupoudrer tout ça de mécaniques qui doivent beaucoup plus à un party game qu’au Monopoly de mamie : des batailles de dés dès que deux joueurs atterrissent sur la même case, des Événements Départ qui viennent retourner la partie sans prévenir, et des séquences cinématiques inspirées des scènes cultes de la saga. De quoi transformer un traditionnel tour de plateau en mini-jeu d’action improvisé, façon Order 66 version soirée jeux de société.

Le hic, c’est que ce virage version arcade se fait au détriment de l’ADN Monopoly lui-même, jugé un peu trop relégué au second plan. Le sentiment collectif qui ressort des tests, c’est celui d’un jeu tiraillé entre deux identités : ni tout à fait le Monopoly qu’on connaît, ni tout à fait un Mario Party galactique assumé. Un entre-deux qui a le mérite d’être original, mais qui manque d’un vrai coup de gouvernail pour choisir son camp — un peu comme Anakin, finalement.

Sympa entre potes, plus dur en solo

Là où le jeu s’en sort clairement le mieux, c’est en multijoueur : équipes de 2 contre 2 ou 3 contre 3, en local ou en ligne avec crossplay, l’ambiance monte vite d’un cran quand on retrouve une bande de potes fans de la saga autour de l’écran. Seul bémol côté modes de jeu : impossible de composer des équipes mixtes mélangeant héros et vilains, et aucune formule plus classique n’est proposée pour ceux qui préféreraient un Monopoly plus sobre habillé aux couleurs de Star Wars.

Contre l’intelligence artificielle, en revanche, l’expérience perd nettement de son sel : plusieurs tests soulignent une IA peu inspirée, incapable d’exploiter les subtilités du jeu d’équipe, ce qui rend le mode solo dispensable passé la découverte. Ajoutez à ça une sensation de répétition qui s’installe assez vite au fil des sessions, et vous obtenez un jeu clairement taillé pour les soirées entre amis plutôt que pour de longues heures en solitaire — un point sur lequel même Yoda, dans toute sa sagesse, n’aurait probablement rien pu faire.

Une présentation qui fleure bon le jouet Hasbro

Visuellement, le jeu assume un style cartoon en 3D qui n’est pas sans rappeler les figurines de Disney Infinity, avec des plateaux soignés et fidèles à l’iconographie de la saga. Les versions PS5 Pro tirent leur épingle du jeu avec une image plus stable, même si quelques ralentissements subsistent dans les phases les plus chargées sur le reste des plateformes. Côté son, la bande-son orchestrale reprend les thèmes emblématiques de John Williams avec conviction, et les effets sonores accompagnent bien les batailles de dés — un bémol cependant sur les voix des personnages, qui ne sont pas toujours celles des comédiens qu’on connaît des films, un détail qui casse un peu l’immersion pour les puristes.

Notre avis

Monopoly Star Wars Heroes VS Villains est de ces jeux sympathiques qu’on lance avec plaisir un vendredi soir, sabre laser à la main et pizza sur les genoux, sans pour autant marquer les mémoires comme un futur classique du genre. La licence est respectée avec soin, le casting est généreux (Mando mis à part), et l’ajout de mécaniques dynamiques donne un vrai coup de fouet à la formule Monopoly. Mais le jeu peine à choisir son camp entre respect des traditions et party game assumé, souffre d’un déséquilibre entre personnages et d’une IA à la ramasse en solo. Un bon compagnon de soirée entre fans de la saga, à condition de venir accompagné — seul face à la machine, la Force est nettement moins avec vous.

Les plus :

  • Un casting de 28 personnages généreux, entre trilogies et séries Disney+
  • Des mécaniques dynamiques (batailles de dés, Événements Départ) qui cassent la monotonie du Monopoly classique
  • Une direction artistique soignée façon figurines Disney Infinity
  • Une bande-son orchestrale fidèle à l’esprit de la saga
  • Idéal en soirée entre amis, en local ou en ligne (crossplay)

Les moins :

  • Absence remarquée de Din Djarin et Grogu
  • Déséquilibres flagrants entre certains personnages
  • IA peu convaincante et mode solo dispensable
  • Impossible de composer des équipes mixtes héros/vilains
  • Sensation de répétition après plusieurs sessions
  • Un seul mode de jeu, sans variante plus proche du Monopoly classique

Note : 7/10