Genre : action-aventure solo, Développeur : Insomniac Games, Éditeur : Sony Interactive Entertainment, Support : PS5 (PS5 Pro Enhanced), Date de sortie : 15 septembre 2026, Classification : PEGI 18, Prix : 79,99 € (édition numérique standard), 89,99 € (édition numérique spéciale)
Aillle, notre test Marvel’s Wolverine commence par un chiffre qui pique : 77 sur Metacritic, le plus faible score d’un jeu PlayStation Studios depuis le lancement de la PS5. Les Spider-Man d’Insomniac plafonnaient à 87, 85 et 90. Les joueurs, eux, ont répondu autrement : le PlayStation Store affiche autour de 4,7 sur 5. Entre une presse tiède et un public conquis, il fallait trancher. Voici notre avis sur Marvel’s Wolverine, griffes comprises.
Test Marvel’s Wolverine : une histoire de Logan qui lorgne déjà sur la suite
Le scénario suit un Logan amnésique, doublé par Liam McIntyre, qui court après les fragments de son passé, du Canada à Madripoor en passant par le Japon. Jean Grey (Krizia Bajos) l’accompagne, Nathaniel Essex, futur Mister Sinistre, tire les ficelles sous les traits de Troy Baker, et Brett Gipson prête sa voix à Dents-de-sabre. Les performances sont le meilleur de l’écriture, sans discussion.
Le problème, c’est le reste. L’intrigue empile tellement de mythologie X-Men qu’elle déborde le cadre d’un solo sur Logan, et finit par ressembler à un pilote de série qui prépare sa saison 2. En 1982, Claremont et Miller bouclaient la mini-série qui a fait du Japon le décor intime du personnage en quatre numéros, avec un honneur à défendre et une seule histoire à raconter. Ici, l’ensemble part dans tous les sens, et l’enjeu personnel de Logan se dilue dans un enjeu de franchise. Question qu’on peut se poser : qui y gagne ? Sony, visiblement, qui sème des graines pour la suite.
Gameplay : des combats viscéraux qui s’essoufflent avant la fin
Le gameplay de Marvel’s Wolverine repose sur un combat brutal, lisible et franchement gore, mais il tourne en boucle bien avant le générique. Les trailers promettaient de la violence adulte : promesse tenue, le jeu est classé PEGI 18 et ne fait pas semblant.
Le système tourne autour de la jauge de rage, à trois paliers. Le premier déclenche le facteur de guérison quand Logan tombe, le deuxième gonfle les dégâts des combos, le troisième lâche le mode berserker, avec invulnérabilité brève et exécutions instantanées. Les parades sur les attaques jaunes, les techniques débloquées dans l’arbre de compétences et les projections d’ennemis les uns sur les autres donnent des échauffourées spectaculaires, surtout quand Logan se retrouve cerné.
Mais la mécanique ne se renouvelle pas. Parer, balancer un ennemi contre un mur, marteler Carré : la routine s’installe, et même les attaques de base suffisent souvent à vider une pièce. Un mutant qui se régénère, un système de combat qui ne se renouvelle pas : il y a de l’ironie. Le beat’em all X-Men de Konami, en 1992, proposait moins de finesse mais une variété de coups qu’on regrette ici.
Linéaire, balisé, reniflé : le guidage qui a fâché tout le monde
Non, Marvel’s Wolverine n’est pas un monde ouvert : Insomniac a troqué le bac à sable de Spider-Man contre un parcours dirigé, découpé en actes. Le choix se défend. Un Logan qui crapahute sur des gratte-ciel n’aurait aucun sens, et la structure en couloirs a permis d’optimiser la charge graphique pour tenir le 60 images par seconde avec ray tracing dès le lancement.
Ce qui passe moins bien, c’est le fil d’Ariane. Chiffons blancs, coups de peinture, et surtout les traînées d’odeur bleues qui indiquent la route. Les joueurs les ont baptisées « fart gas », ce qui résume le niveau de subtilité. Insomniac a réagi vite : un correctif dans la première semaine a réduit l’opacité des indicateurs, puis la mise à jour 1.001.006, dix jours après la sortie, a ajouté des options pour désactiver les traînées vers les bouteilles de whisky, les indices sonores des caisses de matériaux et les racines marquant les portes des cauchemars. Les indicateurs liés à l’histoire restent affichés. Réparer après coup ce qu’on a mal dosé avant, c’est honnête. Ce n’est pas la même chose que de ne pas l’avoir cassé.
Technique et direction artistique : 60 fps, rayons et visages soignés
La technique de Marvel’s Wolverine tient la route : sur PS5, le mode Performance vise 60 images par seconde avec ray tracing, une première pour Insomniac, qui ajoutait d’ordinaire cette option à la dernière minute. Le mode Fidélité reste verrouillé à 30 images par seconde. La PS5 Pro ajoute les modes Performance Pro, qui passe par le PSSR pour tenir le 60 fps, et Fidélité Pro, plus gourmand, avec ray tracing avancé en 30 fps.
Les visages font partie des plus convaincants du moment, ce qui sert une écriture qui repose beaucoup sur le jeu d’acteur. La manette DualSense exploite le retour haptique et les gâchettes adaptatives pendant les attaques. Les griffes qui tranchent, les chairs qui se reforment sous l’effet du facteur de guérison : la direction artistique assume son gore avec une complaisance qu’on peut trouver réjouissante ou fatigante, selon l’humeur.
Côté stabilité, le lancement n’a pas été immaculé. Des plantages et des blocages de progression ont été corrigés dans les premiers correctifs, dont une mission où le joueur pouvait rester coincé dans un arbre.
Durée de vie et prix : 15 à 20 heures pour 79,99 €
Marvel’s Wolverine se termine en 15 à 20 heures selon le rythme, pour un tarif officiel de 79,99 € sur le PlayStation Store. L’édition numérique spéciale à 89,99 € ajoute cinq tenues, cinq apparences de griffes, quatre points de technique et quelques déblocages anticipés, soit du confort plus qu’un vrai contenu. En boutique, la version physique est déjà proposée autour de 70 € chez certains revendeurs, parfois moins.
Reste la question de la rejouabilité. Le jeu est strictement solo, il n’y a pas de monde ouvert à écumer, et l’arbre de compétences se déverrouille au fil de l’histoire. Les collectionneurs trouveront de quoi fouiller, les autres boucleront l’affaire et passeront à autre chose. À 80 € de prix de lancement, c’est un tarif d’événement pour une aventure qui, par moments, tient du couloir.
Notre avis Marvel’s Wolverine
Notre test Marvel’s Wolverine aboutit à un jeu solide, spectaculaire et ultra-violent, porté par ses acteurs, mais trop timide dans sa structure pour égaler les Spider-Man d’Insomniac. On est loin de la catastrophe que certaines notes laissaient croire, et loin aussi du chef-d’œuvre promis par le prestige du studio. Depuis X2: Wolverine’s Revenge en 2003, depuis X-Men Origins: Wolverine en 2009 aussi, on attendait Logan en vedette d’un jeu à la hauteur de ses griffes. Il y est presque, avec un combat qui s’épuise et un guidage qui prend le joueur par la main. Hugh Jackman, en 2000, avait au moins une chose pour lui : on ne lui disait pas où aller.
Les plus
- Un combat gore et lisible, qui donne à Logan un poids physique rare
- Des performances d’acteurs remarquables (McIntyre, Bajos, Baker)
- 60 fps avec ray tracing dès le lancement sur PS5, et des modes dédiés sur PS5 Pro
- Un studio réactif : deux correctifs en dix jours sur le guidage
- Des visages parmi les plus soignés du moment
Les moins
- Une boucle de combat qui se répète : parade, mur, Carré
- Un guidage envahissant (traînées d’odeur, chiffons, peinture), seulement partiellement désactivable
- Une intrigue encombrée de mythologie, qui ressemble à l’ouverture d’une franchise
- Un tarif de 79,99 € à la sortie, élevé pour une aventure très encadrée
- Des plantages et blocages de progression au lancement
Note : 7/10
FAQ Marvel’s Wolverine
Marvel’s Wolverine vaut-il le coup ?
Oui, si vous cherchez un solo cinématographique, violent et soigné techniquement. Non, si vous attendez la liberté et l’inventivité des Spider-Man d’Insomniac. Attendre une promotion se défend.
Combien de temps faut-il pour finir Marvel’s Wolverine ?
Comptez entre 15 et 20 heures pour finir l’histoire, selon votre rythme et votre envie d’explorer.
Marvel’s Wolverine est-il un monde ouvert ?
Non. C’est une aventure linéaire découpée en actes (Canada, Japon, Madripoor), avec quelques zones à fouiller mais sans carte ouverte.
Peut-on désactiver les traînées d’odeur dans Marvel’s Wolverine ?
En partie. La mise à jour 1.001.006 permet de couper les traînées vers les bouteilles de whisky, les indices sonores des caisses de matériaux et les racines des portes des cauchemars. Les indicateurs liés à l’histoire restent affichés.



