Test Hack ’n’ Stack sur PC : Quand la gestion de ressources rencontre la stratégie animale
Dans le paysage florissant du jeu vidéo indépendant au Québec, le studio montréalais Tactical Goat signe avec Hack ’n’ Stack une proposition originale qui cherche à dépoussiérer deux genres bien établis. D’un côté, la gestion logistique frénétique en coopérative locale et en ligne popularized par Overcooked! ou Moving Out. De l’autre, la stratégie défensive du Tower Defense tactique à la Orcs Must Die!.
Financé avec le soutien du Fonds des médias du Canada et distribué sur PC (Steam), le titre plonge jusqu’à quatre joueurs au cœur d’une forêt luxuriante où des animaux anthropomorphes doivent unir leurs forces pour bâtir des fortifications et repousser des vagues de robots envahisseurs. Mais derrière sa direction artistique colorée et son ambiance cartoon décalée, cette production indépendante parvient-elle à créer l’alchimie idéale entre coopération chaotique et rigueur stratégique ?
La mécanique du bois et de la pierre : couper, transporter, fabriquer
Le principe de Hack ’n’ Stack repose sur une division du travail poussée à l’extrême. Avant chaque vague d’ennemis mécaniques, les joueurs disposent d’un temps limité pour collecter des ressources brutes dans la carte — couper des arbres pour le bois, miner des rochers pour la pierre. Ces matériaux doivent ensuite être acheminés vers des ateliers de transformation afin de fabriquer des composants essentiels à la construction des défense (tourelles, pièges de sol, barricades renforcées).
La progression s’articule autour d’une tension constante :
- Phase de récolte : Abattre les arbres et extraire la pierre en optimisant les trajets vers la base.
- Phase de transformation : Façonner les blocs et engrenages dans les postes de travail adéquats.
- Phase de construction : Positionner et empiler (stacker) les éléments défensifs le long des lignes d’attaque ennemies.
- Phase de combat : Repousser les hordes de robots à coups de hache tout en réparant in extremis les structures endommagées.
L’aspect « Stack » prend tout son sens dans la possibilité de superposer les modules défensifs pour créer des tours de tir surélevées ou des murs d’arrêt plus résistants. Cette mécanique apporte une réelle verticalité et une dimension casse-tête bienvenue lors de la planification des zones de goulots d’étranglement (chokepoints).thie à l’ensemble. La bande-son, rythmée par des compositions entraînantes aux accents folk et country, accompagne efficacement la montée en pression lors des assauts.
Une expérience taillée pour la coopération, mais exigeante en solo
C’est sans surprise en mode multijoueur (en local comme en ligne) que Hack ’n’ Stack révèle tout son potentiel. La communication devient immédiatement primordiale pour éviter les goulets d’étranglement logistiques : un joueur à la découpe, un au transport, un à la fabrication et un dernier à la pose des pièges. Les engueulades amicales et les erreurs de coordination hilarantes rappellent les meilleures heures des jeux de party coopératifs.
En revanche, l’expérience en solo montre rapidement ses limites. Bien que le jeu adapte le nombre d’ennemis et les exigences de ressources pour un joueur isolé, la charge de travail reste colossale et la boucle de gameplay devient répétitive. L’absence d’IA pour diriger des coéquipiers virtuels condamne le mode solo à faire office de simple terrain d’entraînement avant de sauter dans le grand bain du multijoueur.
De plus, la lisibilité de l’action souffre parfois lors des vagues d’ennemis les plus denses. Lorsque les explosions de robots s’enchaînent au milieu des tourelles et des débris de bois, identifier la position de son personnage ou repérer une barricade sur le point de céder relève parfois du défi.
Le verdict : une belle réussite québécoise pour les soirées entre amis
Que faut-il retenir de Hack ’n’ Stack ? Pour les amateurs de jeux coopératifs à la recherche d’une nouvelle formule fraîche et amusante pour leurs soirées sur canapé ou en ligne, la création de Tactical Goat coche pratiquement toutes les cases.
En fusionnant l’urgence logistique du jeu de gestion avec la réflexion stratégique du Tower Defense, le studio montréalais livre une copie généreuse, colorée et diablement addictive à plusieurs.
Note et bilan
Note : 7,5 / 10
Hack ’n’ Stack est une excellente surprise coopérative. Malgré une lisibilité parfois brouillonne dans le chaos des batailles et un intérêt limité en solo, le titre de Tactical Goat brille par son concept d’empilement ingénieux et son humour absurde. Une addition de choix pour les adeptes de défis stratégiques entre amis.
