Dans la lignée directe du succès mondial de Winnie the Pooh: Blood and Honey et de l’essor du « Twisted Childhood Universe » initié par le studio Jagged Edge Productions, l’univers des contes tombés dans le domaine public continue son carnage. À l’approche de la saison d’Halloween, c’est au tour du célèbre pantin de Carlo Collodi d’enfiler le costume de tueur en série dans Pinocchio : Déchaîné (Pinocchio: Unstrung). Réalisé par Rhys Frake-Waterfield, ce slasher poisseux et ultra-violent dépoussière la légende avec une barbarie assumée. Mais derrière l’effet de curiosité et la promesse de démembrer nos souvenirs d’enfance, ce long-métrage gore vaut-il le coup d’œil ? Verdict manette… ou plutôt pop-corn en mains.
Geppetto et son monstre : Un pitch revenge-horror assumé
Le scénario de Pinocchio : Déchaîné fait voler en éclats la magie de la Fée Bleue. Ici, Geppetto est un vieil artisan reclus et endeuillé, sombrant dans la folie après la perte de son fils unique. Bien décidé à ramener une présence à la vie, il sculpte une marionnette de bois massif en y injectant une magie noire ancestrale. Mais au lieu de donner naissance à un petit garçon naïf et innocent, l’expérience engendre un golem de bois impitoyable, animé par une rage incontrôlable et un désir d’humanité déviant.
Pour devenir un « vrai petit garçon », ce Pinocchio cauchemardesque comprend bien vite qu’il lui faut de la vraie chair, du vrai sang et de véritables organes. Le pantin se lance alors dans une traque sanglante à travers la région, éliminant quiconque croise sa route dans le but de prélever sur ses victimes les morceaux de viande nécessaires à sa métamorphose.
Anatomie d’un slasher : Effets pratiques et débauche d’hémoglobine
Côté réalisation, le film joue à fond la carte de la série B généreuse en effets visuels organiques. Contrairement à certaines productions à bas budget qui abusent du sang numérique médiocre, Pinocchio : Déchaîné surprend agréablement par son recours massif aux effets pratiques et au maquillage prothétique. Le costume de Pinocchio — un mélange d’animatronique rigide et d’incrustations de bois tortueux — impose une présence physique véritablement inquiétante à l’écran.
Le métrage déroule une batterie de mises à mort particulièrement inventives et vengeresses. Le nez en bois qui rallonge pour transpercer les crânes, les membres articulés utilisés comme des massues improvisées, ou encore le supplice de la baleine revisité sous la forme d’une noyade atroce dans de l’acide : les amateurs de gore et de body-horror en auront clairement pour leur argent. La photographie très sombre, baignée de tons marron et rouge sang, installe une atmosphère crasseuse idéale pour une soirée d’Halloween entre amateurs de frissons.
Des faiblesses d’écriture et un rythme en dards de scie
Malgré sa générosité visuelle, le film n’échappe pas aux travers habituels du genre. Le casting d’acteurs secondaires, incarnant les victimes désignées du pantin, livre des prestations inégales avec des dialogues qui manquent souvent de tranchant. Les réactions des personnages face au danger confinent parfois à la stupidité pure, un classique du slasher qui pourra faire sourire ou énerver selon la tolérance du spectateur.
De plus, si le premier acte pose efficacement l’ambiance glauque de l’atelier de Geppetto et que le climax final s’avère particulièrement nerveux, le milieu du film accuse quelques longueurs et des sous-intrigues policières dispensables qui ralentissent inutilement le rythme du massacre.
Faut-il craquer ? Notre verdict
Pinocchio : Déchaîné remplit parfaitement son cahier des charges de divertissement macabre pour la période d’Halloween. Loin d’être un grand chef-d’œuvre du cinéma d’horreur, le film s’assume pleinement comme un slasher décomplexé, fun et gore, porté par un monstre au design percutant et des effets pratiques réussis. Une proposition sanglante à déguster entre amis pour frissonner devant le détournement cauchemardesque d’un classique de notre enfance.
Note Pinocchio : Déchaîné : 6,5 / 10
Les + :
- Le design terrifiant de la marionnette et le recours aux effets pratiques.
- Des mises à mort gores, inventives et particulièrement généreuses.
- Une ambiance poisseuse et gothique parfaite pour la saison d’Halloween.
- Un détournement du conte original qui ne recule devant rien.
Les – :
- Un jeu d’acteurs secondaire assez inégal.
- Quelques baisses de rythme au milieu du récit.
- Des décisions de personnages parfois absurdes.
