Révélé lors de la scène indépendante et disponible sur PC (Steam) ainsi que sur Nintendo Switch au tarif doux de 14,99 €, The Merlies est la toute nouvelle création du studio espagnol Valhalla Cats. Après le très remarqué et touchant Stars in the Trash, l’équipe barcelonaise délaisse le monde félin pour nous plonger dans la peau de minuscules créatures ailées explorant les vestiges d’un monde humain mystérieusement déserté. Entre jeu de plateforme 3D, récolte de ressources, gestion de colonie et énigmes environnementales, le titre promettait une parenthèse enchantée. Manette en mains, cette aventure miniature parvient-elle à déployer ses ailes et à rivaliser avec les cadors de l’exploration cozy ? Voici notre verdict complet.
Un univers lilliputien à la direction artistique peinte à la main
Dès les premiers pas dans le monde de The Merlies, le charme opère instantanément. Vous incarnez une petite créature oiseau anthropomorphe qui s’éveille dans un environnement géant à taille humaine. Jardin en friche, grenier encombré, cuisine abandonnée ou atelier de bricolage : chaque décor regorge de détails du quotidien détournés avec une ingéniosité folle. Une boîte de conserve devient une tour de guet, un bouton de chemise sert de roue d’engrenage et une simple tasse à café fait office de récipient de stockage.
Visuellement, la signature artistique de Valhalla Cats saute aux yeux. Le mélange entre des décors en 3D chaleureux et des personnages animés à la main rappelle les plus belles heures de l’animation traditionnelle européenne. Les couleurs pastel, la rondeur du character design et le soin apporté aux expressions des Merlies confèrent au titre une identité visuelle d’une élégance rare, magnifiquement portée par une bande-son acoustique douce et apaisante.
Un gameplay hybride : Récolte, construction et gestion de troupe
Le cœur du gameplay de The Merlies repose sur une boucle d’exploration et de fabrication extrêmement gratifiante. Pour progresser et restaurer le grand Nid — le village central de votre communauté —, vous devez explorer des zones de plus en plus vastes à la recherche de matériaux de récupération : bouts de ficelle, trombones, capsules de bouteille et graines nourricières.
C’est ici que la filiation avec Pikmin et Tinykin prend tout son sens. Au fil de vos pérégrinations, vous secourez et ralliez à votre cause d’autres Merlies disséminés dans le monde. Chaque petit compagnon peut être sifflé et assigné à des tâches précises :
- Portage d’objets lourds : Déplacer une boîte d’allumettes ou soulever une branche nécessite la force combinée d’un nombre précis de Merlies.
- Activation de mécanismes : Tirer sur des leviers improvisés, faire tourner des rouages ou former des ponts vivants pour franchir des gouffres.
- Nettoyage et récolte : Assigner votre troupe au dépoussiérage de zones obstruées ou à la cueillette automatisée de ressources.
Les capacités d’envol léger de votre personnage principal ajoutent une verticalité très agréable aux phases de plateforme 3D. Sauter de planche en étagère, planer à l’aide d’une feuille d’arbre et guider sa troupe depuis les hauteurs offre un véritable plaisir d’exploration sans la moindre pression de temps.
La vie au village : La dimension Cozy et la progression
Entre deux expéditions, le retour au Nid permet de constater l’impact direct de vos découvertes. Grâce aux ressources rapportées, vous bâtissez des ateliers de confection, débloquez des recettes d’outils perfectionnés (comme des ciseaux miniatures pour couper les fils d’araignée) et aménagez des dortoirs pour vos petits protégés.
Le jeu intègre également une dimension de personnalisation très mignonne, permettant de fabriquer de petits chapeaux et accessoires à partir de coquillages ou de capsules pour distinguer vos Merlies favoris. Cette boucle de gameplay « récolter, fabriquer, agrandir » s’avère particulièrement addictive et procure un sentiment de progression constant tout au long des 8 à 10 heures nécessaires pour boucler l’aventure principale.
Analyse technique : Que vaut la version Nintendo Switch ?
Disponible sur PC et Nintendo Switch, The Merlies brille par son accessibilité technique. Sur PC, le jeu tourne comme un charme en 60 images par seconde sans exiger une configuration de pointe, avec des temps de chargement minimes.
Sur Nintendo Switch, la proposition prend tout son sens en mode portable, où le jeu s’apparente à un véritable livre d’images interactif. Si le framerate est calé sur un 30 FPS globalement stable, on note toutefois quelques légères baisses de régime lorsque votre troupe dépasse la trentaine de Merlies et que l’écran se remplit d’effets de particules dans les zones extérieures touffues. Rien qui ne vienne gâcher l’expérience, mais un léger manque d’optimisation lors des rassemblements de masse à souligner.
Faut-il craquer ? Notre verdict
The Merlies est une pépite de douceur et de poésie. Sans révolutionner les mécaniques éprouvées du jeu de plateforme et de gestion de troupe, le studio Valhalla Cats réussit le pari d’offrir une aventure chaleureuse, intelligente et d’une bienveillance absolue. Idéal pour décompresser, le titre séduira autant les amateurs de jeux cozy que les amoureux d’exploration lilliputienne. Une superbe surprise indépendante à mettre entre toutes les mains.
Note The Merlies : 8 / 10
Les + :
- Une direction artistique peinte à la main absolument sublime.
- Le plaisir d’explorer un monde géant à taille de minuscule oiseau.
- Un gameplay de gestion de troupe à la Pikmin/Tinykin accessible et gratifiant.
- La progression et la construction du Nid très satisfaisantes.
- Une ambiance sonore douce et relaxante.
Les – :
- Quelques légers ralentissements sur Nintendo Switch lors des rassemblements denses.
- Une caméra qui nécessite parfois quelques réajustements manuels dans les espaces réduits.
- Une difficulté globale très permissive qui manquera peut-être de défi pour les hardcore gamers.


