Test NHL 27 : la Coupe Stanley du recyclage bien fait ?

Plateformes testées : PS5 / Xbox SeriesDéveloppeur : EA Vancouver / EA BucarestÉditeur : EA SportsSortie : 11 septembre 2026

Chaque année, c’est un peu le même rituel que celui de Bill Murray dans Un jour sans fin : le réveil sonne, le logo NHL apparaît, la musique d’intro démarre, et on se retrouve à nouveau une crosse à la main, à pousser un palet en ligne droite vers un but qui semble parfois avoir la taille d’un soupirail. NHL 27 n’échappe pas à la règle. La question n’est donc jamais vraiment « est-ce un bon jeu de hockey ? » — la série coche cette case depuis un quart de siècle — mais plutôt « a-t-on vraiment besoin d’y retourner cette année, ou peut-on se contenter de regarder les rediffusions sur RDS en mangeant des nachos ? » On a chaussé les patins, ajusté la jugulaire, et enfilé plusieurs dizaines d’heures de jeu pour trancher.

Le vestiaire est plein à craquer

Commençons par le rayon des bonnes nouvelles, parce qu’il y en a un paquet. La grande vedette de cette édition, celle qu’on attendait depuis plus longtemps qu’un but de la France en finale olympique, c’est le retour de la Franchise connectée. Ce mode permet de bâtir une ligue en ligne réunissant jusqu’à 32 joueurs humains, chacun aux commandes de sa propre équipe, avec calendrier personnalisable, plafond salarial, outils de commissaire et surtout la possibilité de piéger son pote avec un échange de joueurs bien vicieux. Sur le papier, c’est exactement le genre de fonctionnalité qu’une communauté de fans réclame à grands cris depuis des années — un peu comme quand on supplie Netflix de ne pas annuler une série après une seule saison.

Le reste du roster de modes n’a pas bougé d’un poil de rondelle : le mode Carrière (rebaptisé Devenir Pro selon les régions) vous fait gravir les échelons depuis les ligues mineures, Équipe de Rêve de Hockey (l’Ultimate Team local) continue de faire les poches des collectionneurs de cartes avec son lot de défis, de paquets et de divisions classées, et World of CHEL reste le repaire des amateurs de matchs en ligne et de personnalisation d’avatar façon création de son propre Sidney Crosby version karaoké. On ajoute à ça les tournois, les modes arcade à trois contre trois façon patinoire de sous-sol, et un centre de création pour bricoler ses propres effectifs.

Seul bémol, et il revient dans quasiment tous les tests consultés : la Franchise connectée version en ligne est plus bridée que sa cousine hors ligne. Impossible d’y négocier des transferts avec les équipes gérées par l’IA, ce qui veut dire qu’il faut idéalement recruter 31 amis suffisamment motivés pour tenir une saison complète — une mission presque aussi improbable que de réunir toute la famille pour un Monopoly sans embrouille. Pour ceux qui n’ont pas un groupe WhatsApp de trentenaires hockeyeurs sous la main, l’intérêt du mode retombe vite comme un soufflé.

Sur la glace : des tactiques dignes de la vraie LNH

Le vrai argument technique de NHL 27, c’est l’intégration des données réelles NHL EDGE pour façonner 32 identités tactiques distinctes, une par franchise. Concrètement, une équipe qui privilégie le forecheck agressif va vraiment presser haut dans la zone adverse, tandis qu’une formation plus prudente préférera bloquer la zone neutre et faire circuler le palet. Manette en main, la différence se sent réellement : on n’a plus l’impression d’affronter 32 clones avec juste un maillot différent. Rien n’empêche non plus d’aller piocher la stratégie d’une autre équipe pour l’appliquer à la sienne, histoire de transformer les Canadiens de Montréal en une version scandinave et hyper disciplinée du hockey.

Le système de fatigue des gardiens ajoute une couche stratégique bienvenue : un portier frais va multiplier les arrêts spectaculaires, mais plus on le sollicite, plus ses réflexes chutent et plus les rebonds deviennent généreux. De quoi forcer à varier les angles de tir plutôt que de matraquer bêtement la même passe transversale, sous peine de se heurter à un mur digne de Ken Dryden version invincible.

L’intelligence artificielle collective, baptisée « Cohesive AI » par EA, est censée rendre les cinq joueurs sur la glace plus solidaires : un défenseur qui monte devrait voir un coéquipier couvrir l’espace laissé vacant. Sur le papier, l’ambition est belle. Dans les faits, c’est clairement le point noir remonté par la quasi-totalité des testeurs : les partenaires IA ont parfois des décisions dignes d’un stagiaire un lundi matin, se plaçant devant vous au pire moment, fuyant la zone offensive au lieu de se démarquer, ou changeant de trajectoire juste avant que la passe n’arrive. On sent l’idée, mais l’exécution manque encore de la coordination d’une vraie ligne de trio.

Côté prise en main, NHL 27 propose toujours les trois écoles : Total Control, Skill Stick et Hybride. De quoi contenter aussi bien le vétéran de la série qui maîtrise chaque feinte que le néophyte invité à une soirée jeux vidéo… sauf que pour ce dernier, l’apprentissage ressemble davantage à un tutoriel de jeu de combat qu’à une simple partie de hockey entre amis. Une fois le coup de patin en main, ça tourne bien, mais le chemin pour y arriver mériterait clairement d’être raccourci.

Enfin, bonne nouvelle pour les acharnés des combos manette : le fameux bug des gâchettes qui pourrissait certaines actions a été corrigé. Les mises en échec, les levers de crosse et les charges bien senties répondent désormais avec plus de justesse, sanctionnant logiquement les mauvais timings sans transformer chaque contact en loterie.

Présentation : un Frostbite qui brille… sauf dans les gradins

Visuellement, NHL 27 soigne particulièrement ses arènes. Les 32 patinoires de la ligue ont été retravaillées avec un souci du détail digne d’une superproduction : éclairages dynamiques, écrans géants animés, chants et chansons de but propres à chaque ville, et une glace qui se dégrade visuellement au fil des trois périodes. Le nouveau système baptisé « The Orchestrator » agit comme un réalisateur virtuel, modifiant en temps réel les réactions de la foule, les angles de caméra et les ralentis selon l’importance du moment. Un but qui scelle le match n’aura pas droit à la même mise en scène qu’un but anodin en début de rencontre — une attention qu’on n’attendait clairement pas d’une simulation de sport annuelle, et qui rappelle presque un habillage à la Formule 1 façon Drive to Survive.

Le jeu tourne à 60 images par seconde pendant les matchs, sans ralentissement notable, les ralentis et cinématiques basculant à 30 fps. Les stars de la ligue sont fidèlement modélisées, mais comme dans quasiment tous les jeux de sport de la planète, les joueurs de second plan trahissent le manque d’expressions faciales lors des gros plans — un classique du genre, un peu comme le figurant du fond dans une scène de foule au cinéma.

Le bât blesse ailleurs : la modélisation de la foule reste nettement en retrait par rapport à ce que proposent d’autres simulations sportives actuelles, un contraste d’autant plus gênant que le jeu mise justement toute sa présentation sur l’immersion en tribune. Quelques bugs d’animation ont également été repérés ici et là, avec des joueurs qui se télescopent visuellement dans le public ou des replays un peu saccadés — rien de rédhibitoire, mais le genre de détail qui pique un peu l’œil pendant une action au ralenti.

L’ambiance sonore, elle, marque des points

Niveau son, NHL 27 frappe fort. Le duo de commentateurs change intégralement, avec l’arrivée de John Buccigross et Darren Pang, qui apportent une lecture plus analytique du jeu et un vrai vent de fraîcheur après plusieurs saisons avec les mêmes voix en boucle. Seul hic pour le public francophone : tout ça reste en anglais, sans doublage disponible.

Les 32 patinoires disposent de leurs propres chants de but et hymnes de supporters enregistrés sur place, ce qui donne un vrai supplément d’âme lorsqu’une sirène retentit juste après un palet logé au fond du filet. Les bruitages, du crissement des lames sur la glace jusqu’au claquement du palet contre la baie vitrée, sont soignés. Quant à la playlist des menus, elle fait clairement partie des meilleures crus de la licence depuis longtemps, mélangeant classiques et titres plus actuels sans jamais lasser entre deux matchs.

Ce qui coince encore

Impossible de faire l’impasse sur les points noirs qui reviennent, année après année, comme un abonnement Netflix qu’on oublie de résilier :

  • Les menus. L’ergonomie de navigation reste lourde, avec des temps de chargement et des blocages ponctuels lorsqu’on jongle entre les onglets de gestion d’équipe, de tactiques ou de personnalisation. Un problème identique depuis plusieurs épisodes et toujours pas réglé.
  • L’impression de déjà-vu. Graphismes affinés, patinoires repensées, nouvelles tactiques : sur le papier, la liste des ajouts est copieuse. Mais une fois la rondelle lâchée, les sensations manette en main restent très proches de celles de l’épisode précédent. On est plus dans la mise à jour premium que dans la révolution.
  • La franchise connectée en ligne, freinée dans son élan par l’absence de transferts avec les équipes IA, ce qui limite sérieusement son potentiel pour qui n’a pas 31 amis sous la main.
  • Les championnats hors Amérique du Nord, toujours largement délaissés : les effectifs européens ne sont pas toujours à jour, certaines patinoires ne sont pas modélisées, et même certains visages d’entraîneurs peinent à ressembler à leurs modèles réels. Un défaut chronique de la série, qui commence à faire tache pour un jeu qui revendique le réalisme comme argument numéro un.
  • Un mode Équipe de Rêve qui continue de reposer sur l’achat de paquets, avec une tendance de plus en plus marquée vers le pay-to-win dans les modes compétitifs en ligne.

Verdict : un bon jeu de NHL, mais toujours pas un nouveau jeu de NHL

NHL 27 coche toutes les cases d’une bonne simulation de hockey sur glace : gameplay solide et équilibré, tactiques d’équipes enfin différenciées grâce aux données NHL EDGE, présentation soignée avec ses arènes retravaillées et son duo de commentateurs rafraîchi, et un contenu qui ne laisse clairement personne sur le carreau, entre Franchise connectée, Équipe de Rêve, World of CHEL et modes arcade. C’est un jeu qui fait le travail sérieusement, sans fausse note majeure.

Mais entre une IA coéquipière encore capricieuse, des menus qui n’ont toujours pas trouvé leur fluidité, une Franchise connectée bridée en ligne et une sensation générale de rejouer à une version enrichie de l’an dernier, difficile de crier à la révolution. Un peu comme Rocky Balboa qui remonte sur le ring pour la énième fois : le geste est propre, l’expérience est là, mais on sait globalement déjà comment ça va se terminer.

NHL 27 s’adresse avant tout aux fans de la première heure et aux amateurs de simulation pure, qui trouveront largement de quoi s’occuper jusqu’au prochain coup d’envoi. Les joueurs occasionnels ou ceux qui possèdent déjà NHL 25 ou NHL 26 pourront sans problème laisser passer une saison, en attendant que le prochain épisode ose vraiment sortir de la zone neutre.


Note : 7/10

Un jeu de hockey solide, généreux en contenu et plus stratégique que jamais sur la glace, mais qui peine encore à se distinguer réellement de ses prédécesseurs et traîne des défauts d’ergonomie connus de longue date.